De: jacques halbronn [halbronn@yahoo.fr]
Envoyé: dimanche 18 novembre 2012 20:35
À: dan
Objet: la théorie molle de l'astrologie

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L’astrologie actuelle ou le syndrome de la théorie molle.
Par Jacques Halbronn
 
Nous voudrions développer la thèse d’un rapport entre le masculin et le théorique et entre le féminin et la pratique. Or, la plupart des astrologues bafouent la fonction théorique en pronant ce que nous appellerons la « théorie molle », en rapport avec le rapport masculin/féminin. Cela conduit l’astrologie à ne pas parvenir à s’affirmer face au monde.
Nous partirons du principe que les hommes font de l’astrologie sans le savoir, comme Monsieur Jourdain pour la prose. Ce qui oblige le chercheur en astrologie qui veut s’instruire sur l’astrologie à explorer le monde et notamment les auteurs qui ont traité de ce monde. Or, la plupart des astrologues ne font pas ce travail et croient que le savoir astrologique se suffit à lui-même sous la forme sous laquelle il nous est parvenu. 
Or, si l’astrologie est dans le monde, du monde et affecte les hommes, même quand on ne parle pas d’astrologie, n’en est-il pas pour autant question peu ou prou ? Comment, dans ce cas, les grands débats qui agitent le monde pourraient ne pas interpeller l’astrologie ? Comment ce que vivent les gens ne serait-il pas au vrai plus authentique que des textes anciens plus ou moins bien conservés, traduits, interprétés ? L’astrologie ne nous  parle pas d’une civilisation passée mais aussi de sa résurgence à travers l’Histoire de l’Humanité. Or, tout se passe comme si les astrologues regardaient le monde non pas tel qu’il est mais comme l’astrologie nous dit qu’il est, selon une tradition millénaire, une mythologie, une symbolique qui ne sont plus de nos jours en vigueur. Ce sont là des discours décalés.
C’est ainsi que le débat sur  la Technique, tel qu’il est  formulé de nos jours concerne l’astrologie du fait qu’elle  pose le rapport de l’Homme à un systéme qui lui est objectivement extérieur quand bien même admettrait-on que les hommes l’ont intériorisé, se le sont appropriés, ce qui n’en fait moins un élément étranger qui aurait été greffé sur nous. Réfléchir sur ce que signifie les outils, les machines, pour l’Homme est essentiel pour situer l’astrologie.
Au niveau de la pensée politique, l’Astrologie doit également être  à l’écoute. Tous les penseurs qui ont réfléchi sur le Politique, sur la Cité, ont des choses à nous dire sur l’Astrologie, quand bien même ne s’y référeraient-ils aucunement. Un Jean Bodin, à la fin du XVIe siècle, auteur des Six Livres de la République, s’intéressait d’ailleurs  à l’Astrologie et entra en débat avec l’astrologue Auger Ferrier. Mais si l’Astrologie est cyclique, n’importe-t-il pas que l’on étudie ce que les philosophes ont écrit sur  l’évolution des régimes politiques par exemple, comme le passage de la démocratie à la monarchie ?
Reprenons ce passage repris de Wikipedia ;
« Selon Aristote, la monarchie est le pouvoir d’une personne agissant avec vertu. La forme pervertie de la monarchie est la tyrannie, lorsque le prince s’appuie non plus sur la vertu, mais sur la force et l’égoïsme. L’aristocratie a été décrite comme pouvoir de quelques-uns, sorte de régime médian entre la vertu et la richesse. Mais l’aristocratie porte en elle la corruption, représentée par l’oligarchie. La République est le régime qui s’appuie sur tous et est gouverné selon la vertu. Mais lorsque le peuple devient belliqueux et égalitariste, la démocratie, forme corrompue de la république, prend sa place. »
Dans ce texte – que nous avions déjà étudié il y a longtemps, durant nos études de Droit, à  Paris-Assas, dans les années soixante, nous disposons  un schéma qui devrait recouper le discours astrologique sur l’évolution des sociétés, des régimes politiques. Entendons par là qu’un astrologue qui réfléchit sur le monde devrait parvenir à une description du même ordre.  Il convient de comprendre, en effet, que dans un systéme cyclique  binaire, il  y a un temps où le peuple domine et un temps où  la vertu est du côté du pouvoir d’un seul.Une telle dualité/alternance  nous semble bien la plus pertinente, à condition qu’elle soit sous-tendue par une cyclicité régulière et égale. Or, dès qu’il s’agit de prévision, l’astrologie occidentale actuelle semble incapable d’élaborer un tel modèle. En effet, en combinant les cycles de plusieurs planétes, elle s’interdit de disposer d’unités de temps de même durée, comme par exemple de 7 ans. Elle ne peut y parvenir qu’en s’éloignant de l’astronomie. Son péché originel est de ne pas avoir compris que seul le cycle d’une planéte et d’une étoile garantissait une telle régularité.. Comment parler d’une pratique quand la théorie est aussi inconsistante ? Croit-on que la pratique va sauver  un système bancal ?
Pour en revenir à Platon et à Aristote,  nous dirons qu’il y a une phase où le peuple en appelle au chef (conjonction) et une phase où le chef en appelle au peuple.(disjonction). Lorsqu’en 1962,  De Gaulle demande un référendum, on est en phase de disjonction. Il demande carte blanche pour qu’on le laisse faire ce qu’il faut faire.  A contrario, en 1935 declenche les lois antijuives, il laisse au peuple libre cours à sa  vindicte, c’est un acte démagogique : on est en phase de conjonction. Les deux situations sont opposées.Résumons-nous : en phase de disjonction, le chef demande au peuple son soutien. En 1969, De Gaulle, sept ans après 1962- donc dans une configuration comparable, lance un nouveau référendum qui le déçoit mais la dissolution de 1968, au lendemain de mai 68, un peu plus tôt, toujours en disjonction, avait été, en revanche, un appel qui avait  bien marché. 22 ans avant 1962, ce fut l’appel du 18 juin 40, encore une fois sous les mêmes auspices. En disjonction, le chef demande qu’on vienne  à lui, qu’on le légitime.   Le cas de figure inverse (conjonction) implique, on l’a dit, que le pouvoir se laisse déborder par le peuple, par la foule. La victoire du Front Populaire en 1936 reléve d’une situation conjonctionnelle. Les syndicats incarnent  cette force populaire et les grèves viendront forcer la main au gouvernement de Léon Blum. Ce n’est pas le cas actuellement alors que nous sommes en phase disjonctionelle. La guerre de 1914 nous apparait également comme typiquement conjonctionnelle. Elle correspond à une exigence populaire ne serait-ce que parce que les acteurs sont le peuple mobilisé qui s’illustre avec les Taxis de la Marne.  Voilà qui peut renouveler le discours historique avec un modèle simple qui devient un outil pour l’historien sans que celui-ci à acquèrir le savoir faire de l’astrologue qui ne vaut que dans une posture divinatoire ou thérapeutique. En phase conjonctionnelle, la pression vient d’en bas. En phase disjonctionnelle, elle vient d’en haut : c’est de Gaulle qui « demande’ un « oui franc et massif’ en 1962. Mais en 1958, De Gaulle avait été imposé en quelque sorte par les Pieds Noirs et l’armée d’Afrique du Nord, censée soumise au pouvoir politique métropolitain (phase disjonctionnelle). La conjonction est la subversion du haut par le bas et la disjonction celle  du bas par le haut.
On trouve cette dialectique du peuple et du chef, du bas et du haut, chez Rousseau avec l’idée de souveraineté populaire par opposition à celle de royauté de droit divin. Il n’y a pas de temps sans pouvoir mais c’est l’essence du pouvoir qui varie et il importe de connaitre la genése, l’origine  de chaque prise de pouvoir. Déjà dans la Bible, Moïse en arrive à s’opposer au peuple notamment lors de l’épisode du Veau d’Or. Quand le peuple entre en Terre de Canaan, Moïse s’arrête au Mont Nebo, il ne va plus loin.
En pratique, cette recherche de l’origine du pouvoir n’est pas si simple que cela à situer, d’autant qu’un même personnage peut revenir au pouvoir dans une nouvelle configuration. Si l’on prend à nouveau le cas de De Gaulle, 1940 n’est pas 1958. En 1940, De Gaulle lance son appel. En 1958, il est porté par l’armée, en Algèrie, c'est-à-dire par un corps censé être subalterne. En 1962, nouvel appel de De Gaulle au peuple tout comme en 1968. Dans le cas de Hitler, on ne doit pas non plus simplifier les choses en considérant que le peuple allemand n’est pas responsable de ce qui s’est passé. Bien au contraire, en 1933, lors de son accession au pouvoir, Hitler, qui n’a jamais exercé de fonction ministérielle,  n’engage pas immédiatement une politique antisémite même si celle-ci a été pronée dans son livre programme « Mein Kampf », paru dans les années Vingt, qui reste lettre morte sur le moment. On peut parler de procrastination. On remet à plus tard et on atttend en fait la prochaine conjonction (de Saturne avec l’une des quatre étoiles fixes royales) pour passer à l’acte mais c’est reculer pour mieux sauter.. Ce n’est  ainsi qu’en 1935, que des lois spécifiques sont instaurées (Nuremberg) et qui, sont liées à l’hostilité populaire à l’égard des Juifs qui va instrumentaliser le chancelier allemand.  De même, sept ans plus tard, en 1942 quand on enverra massivement les Juifs en camps de concentration/extermination. L’astrologie (conjonctionnelle)  nous donne la clef d’un tel processus, en distinguant entre ce qui vient du sommet ou de la base.
Actuellement,  François Hollande s’inscrit dans une phase disjonctionnelle.  C’est une  personnalité auréolée d’une certaine « pureté », qui n’a jamais été ministre, issu des primaires socialistes et qui demandent au peuple de leur faire confiance, tout  comme De Gaulle en 1940, qui était un parfait inconnu à l’époque pour le public. Toutes proportions gardées – mais l’astrologie doit voir les choses de haut, en relativisant les différences- Hollande,tout comme Hitler, en 1935, deux ans après son arrivée au pouvoir par la voie démocratique - on peut penser qu’en 2015, se produira un tournant avec une plus grande pression populaire qui le forcera à aller plus loin dans l’application de son programme de gauche, qui reste pour l’heure assez édulcoré à moins, bien entendu,que des forces de droite ne parviennent à prendre le dessus par quelque forme de subversion. Hollande est en ce sens une bombe à retardement qui peut se radicaliser sensiblement avec le temps qui passe. Inversement le De Gaulle de 1962 n’est pas celui de 1958. Il renonce à l’Algérie Française en 62- du fait de la disjonction- il est traité de traitre par ceux qui avaient cru en lui- dès lors qu’il apparaissait peu ou prou comme son émanation, quatre ans plus tôt. En 1962, De Gaulle en appelle – sur des disques 45 tours qui sont distribués - au peuple français avec ce ‘oui franc et massit que vous demande le général De Gaulle, qui sera la décision de la France ». Le peuple est apppelé à souscrire à la politique pronée en  haut lieu, au nom de l’intérêt supérieur de l’Etat..
Nous pensons que pour défendre les couleurs de l’Astrologie, il faut disposer d’un modèle simple s’appliquant à un grand nombre de cas et non de se servir d’autant de modéles que de cas comme le font la plupart des astrologues. On ne peut pas parler de « pratique » par opposition à la « théorie » quand la théorie colle de trop près à la pratique. Le discours théorique doit impérativement être plus récurrent que l’application pratique qui est ponctuelle et non être à géométrie variable qui est une pseudo-théorie, du fait qu’il se révéle par trop flexible. En astrologie, nous avons une théorie molle, qui correspond à un amoindrissement du pôle masculin. On peut dire qu’en astrologie actuelle, la théorie se féminise et frise l’impuissance par  son manque d’érection..
 
 
 
 
JHB
18. 11. 12