De: Jacques Halbronn [teleprovidence@yahoo.fr]
Envoyé: vendredi 16 novembre 2012 20:49
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Objet: nouvelle version du texte
L’astrologie conjonctionnelle  et la question des leaders.
Par Jacques Halbronn
 
Nous pensons que le terme qui convient le mieux pour définir l’objet de l’astrologie est  Energie.  D’une certaine façon, l’humanité est dépendante du cours des astres  en ce qui concerne son énergie psychique. On passe ainsi d’un excès d’énergie à un manque d’énergie, au fur et  à mesure que Saturne qui incarne l’Humanité  s’éloigne de sa source énergétique, à savoir les quatre étoiles fixes royales qui sont comme des oasis au milieu du désert.
Lorsque, comme à présent, nous sommes déjà bien loin de la dernière source à laquelle nous avons pu nous désaltérer ou nous recharger, tout tend à se ralentir, à être retardé.
Que l’on regarde autour de nous : ce qui se faisait encore il y a peu presque aussitôt connait désormais des délais, des reports comme si le temps devenait extensible. Tout prend plus de temps pour se réaliser : il y a baisse de régime, inertie, perte des réflexes. Certaines personnes échappent à ce processus, comme si elles disposaient d’autres sources d’énergie venant suppléer, relayer la source principale. Au lieu d’être  motivés intérieurement par l’énergie « astrale », les gens le sont alors par une énergie extérieure émanant de certains individus ou de certaines minorités disposant d’un tonus qui manque généralement.
L’existence de ces exceptions tient au fait que le système astrologique est relativement tardif et s’est ajouté à un dispositif antérieur sans le supprimer pour autant. C’est comme si lorsqu’il n’y a plus d’essence, les gens en revenaient à des moyens de locomotion plus « primitifs » comme le vélo.
Cette phase de rationnement énergétique confère une place de plus en plus grande aux « chefs », c’est  à dire à ceux qui vont pouvoir servir de locomotives, qui vont entrainer les autres dans leur sillage. On pense à Daniel Cohen Bendit en 68.
L’intérêt de faire ressortir certaines lois, d’en faire prendre conscience, c’est que cela permette d’en découvrir d’autres. C’est pourquoi il est vain de tenter de constituer un modèle global. Certaines personnes s’imaginent qu’une loi doit rendre compte de tout car tout est lié.  Mais précisément, il y a des liens qui doivent être dénoués et qui associent des éléments qui ne sont pas du même ordre même si on a pris l’habitude de les associer.
En phase de disjonction – au sens de l’astrologie conjonctionnelle- terme qui décrit un situation de reliquat d’énergie et qui ne peut être balisée rigoureusement – ce qui est terminal ne reléve pas de la même scientificité que ce qui est initial- on passe en quelque sorte du pilotage en mode automatique en mode manuel et donc on recherchera des pilotes de la vieille école qui sachent conduire l’avion, sans dépendre de tout un appareillage électronique. Ceci n’est évidemment qu’une image/
Autrement dit, en phase conjonctionelle, l’Humanité dans son ensemble est dynamique, prompte à la détente et cela part un peu dans tous les sens, de façon un peu anarchique puisque l’on n’a pas besoin de chef. C’est ce qui s’est passé en  1789, alors que Saturne se trouvait au milieu du signe des poissons, en phase conjonctionnelle. Le peuple devient un acteur à part entière. Idem en 1848 et en 1936 mais aussi en décembre 1995 avec cette énorme grève très suivie.(cf notre brochure, L’astrologie selon Saturne, Paris, 1994 qui parut avant la grève de 1995). Nous écrivions à l’époque (p. 8)  à propos de Saturne en poissons:  « 1995. Une échéance à venir et à deviner, le dernier rendez-vous important avant l’An 2000.  Faut-il vraiment s’attendre à un événement remettant en cause le pouvoir ou débouchant sur des réformes sociales majeures, comparables à celles demandées par le Front Populaire ? Faut-il  y voir  une période de grèves très dures et durement réprimées ? » En phase conjonctionnelle,  cela tourne tout seul ; il y a une émulation, d’où un effet multiplicateur et amplificateur : certains étant plus royalistes que le roi. D’où un risque de surenchère et des excès de zèle. Il y a un surcroit d’énergie- on peut parler d’inflation- qui doit s’exprimer. Et puis, le temps passant, à l’instar d’un sablier qui se viderait petit à petit- le désir d’agir et d’agir vite décline. On s’aperçoit que l’énergie est de plus en plus rare et l’on commence à se tourner vers ceux qui en disposent encore, parce qu’ils fonctionnent différemment, ont d’autres sources d’approvisionnement.
 Il y  a là une période de transition qui dépend de chaque situation jusqu’à ce que la société se réorganise à partir d’une personnalité jouant un rôle moteur. Ce n’est pas l’astrologie qui joue ici mais l’absence d’astrologie. Les choses se décident  non plus au ciel mais sur terre. Dans bien des cas, et c’est cela tout le problème de la recherche, ce qui compte ce n’est pas ce qu’il y a mais ce qu’il n’y a pas et la conscience du manque est un talent assez rare. Il s’agit face à un corpus d’informations d’en repérer les insuffisances. Bien entendu, on objectera que parler d’un manque est de l’ordre de la supposition. Mais dans bien des cas, certaines absences sont criantes. C’est un silence assourdissant. Nous dirons que c’est le propre même de la recherche que de  partir en quête du manque. Celui qui ne capte pas le manque n’est pas un chercheur digne de ce nom.
Les  vocations de « leader », naissent précisément de ces temps de crise énergétique et cela interpelle l’astrologie « en creux ». Le printemps arabe, à partir de 2011, en phase disjonctionnelle, aura été l’occasion pour des chefs de se révéler, de démontrer leurs facultés d’entrainement. C’est la fin d’une certaine anarchie de la protestation pour un mouvement plus organisé, plus dirigé. On sait fort bien en médecine que ce sont certaines carences « anormales » qui font problème comme au niveau de la quantité de globules blancs dans le sang, comme une insuffisance de protéines etc.
C’est ainsi que l’appel du 18 juin 1940 par le général  De Gaulle correspond à une période disjonctionnelle. (Saturne  à 8° taureau, à 30° de la prochaine source à 8° Gémeaux (Aldébaran) et bien loin de la précédente, au début des Poissons) Son énergie ne tient pas l’énergie ambiante mais à l’absence d’énergie. On  a donc une sorte de symbiose entre le système astrologique proprement dit qui est conjonctionnel et  des processus autres qui se manifestent du fait du tarissement de l’énergie conjonctionnelle. On a parfois besoin d’un plus petit que soi.
Inversement, lorsque  l’Humanité s’est rechargée, du fait d’une nouvelle conjonction Saturne- étoile fixe royale (EFR)- elle est susceptible de « remercier » les leaders qui ont œuvré en cette période de disette énergétique car désormais les initiatives se multiplient, il y a une reprise générale et qui  rend le mode primitif obsolète. On peut donc dire qu’il y a symbiose entre l’astrologie et le leadership avec un processus alternatif.
Cette mise au point était essentielle car  l’astrologie n’est viable en tant qu’outil d’analyse – notamment en science politique - que si elle est intégrée dans une dynamique qui englobe dialectiquement une diachronie, c'est-à-dire un état antérieur. C’est le retour du refoulé.
Si l’on prend le cas de mai 68,  il ne faut pas oublier que ce qui a suivi aura correspondu à des manifestations très fortes en faveur de De Gaulle,  tant dans la rue que dans les urnes dans les semaines qui suivirent.  En 1981, quand Mitterrand arrive au pouvoir, c’est un temps de « vaches maigres » au niveau énergétique, astrologiquement parlant, comparable d’ailleurs à mai 68,  treize ans plus tôt, avec Saturne au milieu d’un signe cardinal.  Le leader « disjonctionnel » est  un oiseau assez rare mais sa position est fragile puisqu’elle est menacée par la conjonction à venir qui le mettra inévitablement en porte à faux.
Dans le système d’André Barbault – on pense à l’indice de concentration planétaire- il y a une tension entre le temps de la concentration des planétes lourdes dans un espace zodiacal étroit (doriphorie) et le temps de la dispersion, des oppositions (qui paradoxalement deviennent alors des facteurs de détente !). Pour Barbault, cette dispersion est interprétée comme le contraire de la conjonction. C’est vrai au niveau de la nature de l’approvisionnement énergétique, mais cela ignore ce phénoméne de relais où l’humain reprend ses droits sur le cosmique tant et si bien que ce qui compte c’est d’abord le mode de fonctionnement et non le résultat.  Si ma voiture tombe en panne et que  je poursuis mon chemin en faisant du stop, j’arriverai quand même  à destination.  Ce qui compte, ce n’est pas tant le quoi que le comment.
 
 
 
 
 
 
JHB
16. 11. 12