De: Jacques Halbronn [teleprovidence@yahoo.fr]
Envoyé: dimanche 18 novembre 2012 23:36
À: dan
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Objet: l'astrologie et le sexe
 
L’astrologie victime d’impuissance
Par  Jacques Halbronn
 
On nous a souvent reproché d’attacher quelque importance au sexe non pas des anges mais des astrologues. Le sexe n’aurait, à entendre les uns et les autres, aucune incidence sur l’attirance pour l’astrologie dans sa version moderne. Le fait que le public féminin constitue une majorité écrasante des personnes fortement attirées et investies en astrologie ne signifierait rien sinon une plus grand sensibilité des femmes. Or, nous posions la question autrement : pourquoi aussi peu d’hommes s’engageaient-ils dans la carrière astrologique ? Qu’est ce qui les arrêtait, à un certain stade, les rebutait probablement plus subconsciemment voire instinctivement  que consciemment ?
A force d’assister à des réunions astrologiques et notamment des séances d’interprétation de thèmes de personnages connus ou typés, nous avons fini – avec le temps car nous avons envisagé toutes sortes d’hypothèses, inlassablement- par trouver la réponse, qui serait en quelque sorte à caractère freudien. C’est ce que nous appellerons désormais une épistémologie molle, comme on parle fréquemment  de « sciences molles ». Mais nous conférons à cette épithète un sens différent de celui généralement accordé  à cette formule et qui s’oppose à « sciences dures », expression assez usitée.
Par là on entend généralement indiquer que les sciences dites dures sont plus rigoureuses que les sciences molles mais en disant cela on ne dit pas grand-chose en ce qui concerne les motivations qui attirent les gens vers les sciences dures ou molles. Nous sommes allés plus loin.
Il nous est apparu que l’image devait être considérée sous l’angle sexuel et plus précisément en référence au phallus, dont on sait que les femmes sont dépourvues. Mais quel rapport, demandera-t-on, entre le phallus et  le caractère d’une discipline, d’une science ?
On nous pardonnera le recours à un langage assez cru ; mais dans le domaine phallique, l’on trouve l’usage des mots « mou » et « dure » pour qualifier une érection plus ou moins marquée. Quand l’homme n’a qu’une faible érection, l’on parle alors d’impuissance. Cela se manifeste par une difficulté voire une incapacité à pénétrer le corps de la femme par la voie vaginale avec son sexe.
Dans quelle mesure, dès lors, peut-on dire que  l’astrologie actuellement pratiquée est « molle » et que c’est pour cela qu’elle n’est guère engageante pour les hommes, lesquels ne parviennent pas à s’identifier à elle ?
Depuis longtemps,  nous avions dénoncé  un modèle astrologique manquant sensiblement de consistance, changeant constamment de configuration et ne se prêtant pas sérieusement à une confrontation avec le réel, tant le dit modèle se révélait flexible.
A un certain moment, nous avons commencé à nous demander quel genre de théorie était-ce là qui se montrait  aussi protéiforme.
Peu à peu, nous avons compris que les astrologues se faisaient une étrange idée du rôle et de la nature des théories et qu’en fait ils ne parvenaient pas à opposer théorie et pratique. C’était en quelque sorte impensable comme d’ailleurs toute forme de dualité. Pour les dits astrologues : théorie et pratique ne faisaient qu’un, l’une devant épouser l’autre. On en arrivait à ce que l’on nous dise qu’il y avait autant de modèles que de cas à étudier.
A contrario, il nous apparut que la théorie ne pouvait être assimilée à une pratique ou vice versa. Notons que le débat dépasse très largement le cas de l’astrologie mais que l’astrologie est emblématique de la science « au féminin ».

Nous dirons que la science « masculine », « dure », à l’instar du phallus,  implique qu’un seul et même modèle aussi simple qu’il puisse être dans sa formulation, ne saurait être validé que s’il rend compte d’un grand nombre de cas, aussi divers en apparence, se présenteraient-ils. Entendons par là  que le modèle « dur » ne plie pas –dans tous les sens du terme- quel que soit ce à quoi il est confronté. Il reste imperturbable, maintient sa tension.

Il nous est donc apparu que des hommes  dont la sexualité est normalement constituée, ne se retrouvent pas dans le modèle astrologique tel qu’il est généralement proposé. En revanche, les femmes ne souffrent guère de cette situation, elles n’y voient rien à redire.
On ne peut accepter d’entendre qu’il est souhaitable qu’il y ait autant de thèmes que de personnes. C’est une façon subreptice de rejeter le pôle masculin. Dans toute science qui se respecte, il y a infiniment moins de « thèmes », de « modèles » que de cas. Idéalement, une seule équation vaut pour un nombre illimité de cas.
Le milieu astrologique a cela de rassurant pour les femmes que l’élément masculin y est si peu manifeste dans la mesure où le modèle théorique n’est pas « dominant », qu’il ne peut imposer sa loi du petit nombre au plus grand nombre, l’image du harem, de la polygamie étant particulièrement insupportable, y compris quand cela se présente au  figuré.
Le temps de la reconquête par les hommes du champ astrologique a sonné et ce n’est qu’ainsi que l’astrologie sera réhabilitée et réintégrée dans le cénacle des sciences dignes de ce nom. On ne sera pas surpris que même les sciences molles tendent à rejeter l’astrologie du fait de ses excès. Cela ne signifie évidemment pas qu’il n’y ait pas de femmes dans le domaine des sciences dures mais celles-ci assument beaucoup mieux leur « animus » que  celles qui vivent avec l’astrologie et dont l’anima est exacerbé. Souvent, d’ailleurs, ces femmes qui s’inscrivent dans le milieu scientifique, ne s’y sentent pas à l’aise et ont besoin comme soupape de sécurité de s’intéresser à l’astrologie. Chassez le naturel, il revient au galop.  Quant aux hommes qui sont attirés par l’astrologie, ils  tendent à prôner des formulations minimales d’où leur intérêt pour les statistiques ou pour l’astrologie mondiale mais aussi pour la prévision laquelle est nécessairement plus abstraite que l’astropsychologie. La prévision  est en effet un modèle bien plus simple que  sa manifestation à venir alors que l’astropsychologie  se charge de tout un vécu. Quant aux hommes, rares, qui se sentent à leur aise avec le thème astral, en tant que modèle, la demande d’astrologie ordinaire pourrait correspondre à une sexualité atypique,  pour laquelle le phallus fait problème, et qui pourraient souffrir d’un complexe de castration, c'est-à-dire à la crainte d’affirmer un modèle «dur » qui risquerait d’être en péril, d’où la préférence pour un modèle « mou », moins risqué...
Plus généralement, nous avons  montré, dans de précédentes études,  que toute créativité accordée à l’astrologie  fait problème pour nombre d’astrologues. L’astrologie ne saurait,  à les entendre, être une structure élaborée  de toutes pièces par les hommes. Elle serait le résultat d’une description d’une structure céleste, universelle, ce qui correspond à un animus sublimé, transcendantal. Là encore, les hommes se verraient dépossédés de leur virilité. Il conviendrait donc de se demander si l’astrologie n’attire pas un certain type de femmes ayant un rejet du masculin ou assimilant le masculin au féminin, en une sorte d’androgynat d’ailleurs souvent affirmé, sous la houlette de Jung, mais qui se vit en fait au détriment des valeurs masculines authentiques. Le fait est que les réunions astrologiques (conférences, séminaires) accueillent très rarement des couples, au sens ordinaire du terme et sont souvent « unisexe ».
 
 
 
 
 
 
JHB
16. 11.12