De: Jacques Halbronn [teleprovidence@yahoo.fr]
Envoyé: vendredi 23 novembre 2012 23:34
À: dan
Cc: csafranc@yahoo.fr
Objet: nouvel article Astrologie
 
 
 
L’astrologie et le caractère aléatoire du système solaire
Par Jacques Halbronn
 
 

Nous avons souligné dans de précédents textes le caractère aléatoire de la panoplie de l’astrologue. Nous avons également affirmé le droit de l’astrologie à ne pas s’aligner systématiquement sur l’astronomie, du fait que ses enjeux ne sont pas les mêmes. Mais il nous faut aller plus loin et réfléchir sur la pertinence du système solaire en ce qui concerne le nombre de planétes que d’aucuns astrologues tentent de sanctifier par de savants tableaux  et schémas, à l’instar d’un Jean-Pierre Nicola.

Il n’y a aucune loi astronomique qui détermine le nombre idéal de planétes au sein d’un système « solaire ». Nicola, avec son RET, semble avoir tenté de démontrer que le système  a besoin impérativement du nombre de planétes qu’ l’on connaissait dans les années soixante, ce qui comprenait les trois transsaturniennes, Uranus, Neptune et Pluton mais pas les Astéroïdes comme Cérès, situé ente Mars et Jupiter, lorsqu’il publia ses textes fondateurs, comme La condition solaire et Nombres et formes du cosmos, aux Ed. Traditionnelles.
Certes, il y avait la Loi de (Titius)Bode qui plaçait les planétes selon un ordre de distance rigoureux, du moins jusqu’à Uranus, Cérès inclus. Mais l’astronomie n’avait aucune raison de considérer qu’il fallait obligatoirement tant de planétes autour d’une étoile pour constituer un « système » pas plus qu’elle n’avait  justifié la division zodiacale  en 12 de l’écliptique.
Nicola refusait, par ailleurs, de statuer, à la suite d’un Lasson, d’un Néroman, d’un Carteret,  sur le fait que l’existence de 12 signes impliquait un nombre d’astres équivalents.(cf notre interview sur teleprovidence avec Roger Benoit Jourlin et Mireille Petit) et il n’entendait pas conserver la théorie des maitrises en astrologie (domicile, exaltation etc) qui lui apparaissait comme relevant d’une astronomie fictive, purement symbolique. D’où l’attente actuellement de deux transplutoniennes pour compléter le tableau, dotés parfois de noms de dieux comme Proserpine –(cf l’Astrologie de la Mutation d’un Jacky Alaîz ou l’Astrologie « Uranienne » (Hambourg) d’un Gabriel Ruis, tous deux sur teleprovidence), comme dans une sorte de tableau de Mendeleev qui comporte d’ailleurs l’uranium, le neptunium et le plutonium.
Certes, les astronomes peuvent-ils remarquer que les planétes les plus récemment découvertes obéissent bien aux lois d’un Kepler, par exemple. Mais cela ne signifie pas pour autant que le nombre de planétes du systéme solaire  soit un fait scientifique, stricto sensu. Ce n’est qu’un fait d’observation.  On sait par ailleurs que la planète Pluton, découverte en 1930,  a été déclassée, il y a quelques années et est considérée comme appartenant désormais à un autre ensemble, au-delà de Neptune.
Certes, pour les astrologues, on part du principe que l’astrologie a besoin de toutes les planétes du système solaire ainsi que des luminaires (Soleil et Lune) Le cas de la Lune semble assez incongru puisqu’elle n’est qu’un satellite d’une planète, en l’occurrence notre Terre. Quant au soleil, c’est une étoile mais d’un point de vue géocentrique cela se tient, même pour  les étoiles fixes.
En fait, tout le travail théorique de Nicola semble avoir consisté à  établir la solidarité entre toutes les «planétes » du système solaire. L’astrologie venait ainsi à la rescousse de l’astronomie en démontrant que le système solaire devait inclure impérativement les astres qui s’y trouvaient inclus, que cela n’était pas un hasard mais bien une nécessité. L’astrologie apportait ainsi un surplus de scientificité à l’astronomie !
On a l’impression d’une justification a posteriori comme si quelqu’un voulait rationaliser sur le fait qu’il a eu tant d’enfants et tel nombre de filles et de garçons alors même que d’autres familles sont composées autrement ; En fait, ne sommes-nous pas victimes du fait que l’on n’ a pas d’élément de comparaison, ce qui est assez rare en science. Autrement dit, la science du système solaire serait  handicapée par le fait qu’elle manque de repères et les astrologues profiteraient de cette situation insolite pour justifier une certaine  pratique qui ne se prête à aucune statistique si ce n’est, bien entendu, tous les thèmes interprétés par des générations d’astrologues sur de telles bases.
Mais là encore, on se heurte historiquement au fait que l’Astrologie s’est très bien passée pendant des siècles de ces « nouvelles » planétes dont les astrologues modernes voudraient à tout prix montrer qu’elles sont indispensables.
Que le système RET soit ingénieux, nul ne le contestera et il en a séduit  plus d’un : trois ensembles de trois planétes.(plus la Lune) ;  trois plans : la Représentation, l’Existence, la Transcendance et les combinaisons possibles entre les dits plans. Rappelons tout de même que le projet de Nicola était de conférer à la tradition astrologique de nouveaux fondements. D’aucuns disent que le rôle de la théorie astrologique consiste à expliquer au mieux comment l’astrologie marche.  La théorie semble ici à la traine de la pratique et du constat empirique par les astronomes  du nombre de planétes. Inversement, une telle démarche conduit Nicola à rejeter définitivement les étoiles fixes comme n’appartenant aucunement au système solaire, tout en d’ailleurs préservant les 12 signes du zodiaque,  lesquels renvoient peu ou prou au plan stellaire mais sous une forme purement virtuelle, presque fantomatique....
En prenant en compte les 12 signes, Nicola nous semble confondre l’astronomie stricto sensu et  ses compléments aléatoires, « méta-astronomiques » qui font partie de la tradition astronomique mais ne correspondent pas pour autant à une épistémologie orthodoxe de l’astronomie. Car si tradition astronomique il y a, pourquoi pas aussi y inclure la mythologie voire l’astrologie ?  Les astronomes ont d’ailleurs des torts : pourquoi avoir baptisé les nouveaux astres de nom de dieux et de déesses ? C’était entretenir plus ou moins sciemment la confusion.
En fait, nous sommes là dans un faux débat.
Les hommes tendent à instrumentaliser le ciel, d’autant plus qu’il est lointain, qu’il est quelque part inconnaissable, que l’on peut y projeter ce que bon nous semble. Les seuls qui aient intérêt à croire que le système solaire comporte une cohérence interne, où chaque astre aurait sa fonction, ce sont ceux qui en ont décidé ainsi. Le temps de la prise de conscience exige que l’on cesse de recourir à  ce type de justification qui voudrait que nous n’ayons pas eu le choix. Certaines sociétés divinisaient les chefs dont elles se dotaient et ce faisant elles s’affirmaient comme inspirées. De même les astrologues veulent sanctuariser leurs choix structurels en affirmant que ceux-ci étaient inévitables et incontournables, ce qui est une façon de nier sa propre liberté. Paradoxalement, celui qui affirme que le monde est tel qu’il l’a défini laisse entendre qu’il a la science infuse. Cette modestie est en fait un orgueil démesuré.
Les astrologues devraient avoir l’intelligence de comprendre qu’ils n’ont nullement besoin de démontrer que le système est structuré, qu’ils se content de dire qu’il est structurable. De la sorte, les relations entre eux et les astrologues ne pourront que s’améliorer. Cela ne saurait en effet gêner les astronomes que d’entendre que certaines sociétés  ont pu se servir des astres comme support nécessaire à leur organisation.  A partir de là, les astrologues n’ont aucune obligation, aucun cahier de charges les obligeant à conférer quelque emploi  à chaque planète du système solaire. On ne leur en demande pas tant ! Si les hommes n’ont besoin que d’une planète pour leurs besoins politiques, qui pourrait le leur reprocher ? Il est toutes sortes d’astrologies correspondant à des usages divers : pour l’astrologie  socioprofessionnelle, telle que Michel Gauquelin l’a exhumée, cinq planétes auront servi, il y a des millénaires, à différencier, de façon totémique, un certain nombre de castres tandis que pour l’astrologie individuelle, on aura été amené à  découper le ciel en tranches, correspondant a autant de natifs ou presque et enfin pour l’astrologie mondiale, un seul cycle central peut tout à fait suffire. Ces différentes astrologies sont diversement enracinées dans la durée et dans l’ADN de l’Humanité. Celles qui sont les plus générales sont probablement les plus transmissibles génétiquement alors que celles qui sont les plus spécifiques  n’existent que culturellement,  et quantiquement à l’instar de leur propre objet..
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
JHB
23. 11. 12