De: Jacques Halbronn [teleprovidence@yahoo.fr]
Envoyé: mercredi 21 novembre 2012 00:53
À: dan
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Objet: Astrologie : Léviathan et Babel
 
L’astrologie, comme science de l’Etat
Par Jacques Halbronn
A la mémoire de mon père, haut fonctionnaire.
 
 
Quand nous avons débuté en astrologie  dans les années 1966-67, nous étions étudiants en Droit –et aussi passé par Sciences Po - et nous nous passionnions pour la  philosophie politique. Nous poursuivîmes dans ce sens  en Israël à l’Université Hébraïque de Jérusalem. Ce n’est que récemment que les relations entre ces deux domaines nous apparaissent assez flagrantes et notamment autour de la notion d’Etat, ce que le philosophe anglais Thomas Hobbes (1588-1679)  désigne sous le nom de Léviathan, sorte de monstre[1]. Mais c’est Jean Bodin (1529-1596),  un  grand juriste français angevin qui exprima un réel intérêt pour l’astrologie mondiale –les grandes conjonctions Jupiter-Saturne- dans un chapitre des Six Livres de la République  et polémiqua avec le médecin astrologue toulousain Auger Ferrier sur la durée de ce cycle. (Advertissement à M. Jean Bodin sur le quatrième livre de sa République, (Toulouse, 1580). Jean Bodin répondit à Ferrier,  sous le pseudonyme de René Herpin, dans une Apologie ou réponse pour la République de Bodin, (Paris, 1581)  Une autre idée forte est celle de corruption, chez Aristote et de passage d’un régime à un autre, de  la monarchie à la démocratie.
Nous insisterons ici sur la notion d’Etat, structure qui  apparait comme une création des sociétés et qui semble en constituer l’armature indispensable à leur durée. Mais quels sont   le fondement et l’origine de l’Etat ? .L’ambivalence de l’Etat nous semble en analogie avec l’ambivalence de l’Astrologie mais aussi ambivalence de la part des humains  à l’égard de l’Etat et de l’Astrologie, l’un et l’autre pouvant mériter le nom de Léviathan, nom d’un monstre matin..
Quand dans nos précédentes études, nous avons montré qu’en Astrologie Conjonctionnelle,  la conjonction venait  renforcer le ciment social,  nous aurions du dire qu’elle renforçait l’Etat.  Mais la puissance de l’Etat obéit à un cycle de sorte que la pression de l’Etat- par certains côtés comparable à un Surmoi- varie. Il semble que nous sommes le premier à associer étroitement Astrologie et Etat ; rappelons que le mot « Etat » a deux sens : il peut être synonyme de pays mais, pour nous, il désigne l’organisation interne de toute société, comme lorsque l’on parle d’un « grand commis de l’Etat ».
Les questions qui sont rarement posées à propos de l’Etat, concernent son appartenance à la Nature ou à la Technique. Est-ce que l’Etat émane de notre Humanité ou vient  d’une sorte d’ailleurs ?  Est-ce que l’Etat, c’est Dieu, le Grand Architecte de l’Univers  de la maçonnerie, l’Etre Suprême de la Révolution Française ? Est-ce que par l’astrologie, on peut tromper la vigilance de cet Etat-Big Brother, dans la mesure où l’on en décrit le mécanisme énergétique ? L’Homme peut-il et doit-il se libérer de l’emprise de l’Etat, considéré comme  une architecture qui nous emprisonne en une sorte de cage dorée ?
Or, à partir du moment où l’on admet que l’Etat  est apparu avec l’Astrologie, qu’il en est en quelque sorte indissociable, que l’Astrologie permet à l’Etat d’exister, l’origine de l’Etat devient intimement liée à celle de l’Astrologie au point que l’on puisse dire que l’Astrologie est la science de l’Etat. On ne sera pas surpris de  noter que notre vie politique est marquée, scandée par le rythme des élections lesquelles, en principe, obéissent à une cyclicité, à une périodicité.
Or, cette origine de l’Astrologie fait problème. Nous avons longtemps soutenu la thèse selon laquelle  les hommes se seraient délibérément mis en conformité avec  certains cycles cosmiques qu’ils auraient eux-mêmes établis en  élisant certaines configurations parmi une infinité de possibles. Mais, récemment,  nous avons remis en question une telle présentation des choses qui impliquait  une faculté des humains à  programmer  leur propre espèce, sur la longue durée et donc à transmettre un mode de vie aux générations suivantes,  de façon subconsciente..
Actuellement, nous penchons pour une autre voie qui comporte également du pour et du contre et qui présente l’Etat comme émanant d’une source étrangère à l’Humanité (ce qui fait écho aux travaux d’un Jean Sendy autour de l’Ancien Testament). L’Astrologie-Etat serait la « Loi » imposée aux humains et dont nous chercherions la clef depuis des millénaires, comme en témoigne l’Histoire de l’Astrologie. En comprenant le système, nous nous donnons ipso facto la possibilité, les moyens,  de nous en libérer peu ou prou, et ce d’autant que  les humains ne sont pas forcément  tous dépendant  dans la même mesure de ce Léviathan.
Selon nous, sans l’Etat, nos sociétés seraient victimes de forces centrifuges et l’homme ne serait pas un Zoon politikon, un animal politique..
La structure étatico-astrologique  aurait donc été instituée  par des « dieux », dotés d’une ingénierie extrêmement avancée, consistant en une horloge céleste visible  à l’œil nu  par tous les hommes sur terre. A la différence de ce que dit Michel Foucauld sur les prisons  où les condamnés sont censés être surveillés en permanence, nous serions  polarisés collectivement et simultanément  sur certains signes célestes. Tous les sept ans, du fait de la conjonction de Saturne avec l’une des quatre étoiles fixes royales, selon un processus pavlovien, hypnotique qui activerait en nous un comportement assez proche de celui d’une ruche.
Un épisode biblique nous interpelle, celui de la Tour de Babel qui semble faire pendant car il semble indiquer que la Tour c’est l’Etat unificateur, ce que les dieux ne veulent pas permettre car cela donnerait trop de puissance aux hommes.
De fait, le cycle astrologique comporte cette double dimension du Léviathan (conjonction) et de Babel (disjonction). Les dieux se seraient-ils contentés de saboter l’Etat en introduisant une faille dans le système et en générant périodiquement de l’incompréhension babélique entre les hommes ? Etrangement, les dieux apparaissent à la fois comme ceux qui instaurent un ordre supérieur  et à la fois comme ceux qui s’en défient. Toujours est-il que cette dualité de la Tour édifiée puis  démolie, tour à tour, représente de façon appropriée le cycle astrologique tel que nous l’avons décrit.
 
 
JHB
21. 11.12
 


[1]  Dictiionnaire de philosophie politique, dir  Ph. Raynaud et  S.  Rials,  Paris, PUF, 1996