Phase 2 en Astrologie Conjonctionnelle. La multiplication des lieux de pouvoir

 

Par  Jacques  Halbronn

 

Les mots sont très importants mais encore faut-il en bien maîtriser l’usage et la portée et notamment  mettre face à un mot son antonyme, son contraire. On peut ainsi  regretter que dans bien des cas les praticiens en astrologie perdent toute idée de dualité, ce qui les met dans l’incapacité d’opposer les périodes les unes par rapport aux autres, tant elles sont diversifiées les unes par rapport aux autres. Dès lors,  le langage prévisionnel de l’astrologue devient aussi abscons que son langage psychologique, ce qui n’est pas peu dire.

En revanche, en astrologie conjonctionnelle, nous cultivons la simplicité et testons la pertinence du vocabulaire utilisé. Dans le présent article, nous en revenons à un concept que nous avions déjà explicité en 1976, il y a donc 37 ans, qui est celui de «multiplicité » (cf Clefs pour l’Astrologie, Ed Seghers) mais que nous avions évidemment développé dès 1974/1975, notamment au congrès d’Aalen, en 1975 organisé par l’association fondée par Reinhold Ebertin.

 Mais cette notion de multiplicité à laquelle nous préférons la forme plus dynamique de multiplication (illustrée dans l’Evangile), nous devons l’illustrer de façon à ce que chacun comprenne bien de quoi il retourne.

Si l’on applique ce terme à la question du pouvoir, la phase 2 correspond au passage progressif  d’un pouvoir très centralisé dans les mains d’un seul personnage, d’une seule instance vers une diversification des lieux de pouvoir.  C’est ainsi que 2013 devrait apparaitre, en plus d’un lieu de la planète, comme l’expression de pouvoirs parallèles, qui peuvent notamment être celui de la rue ou de l’armée face au pouvoir « légitime » d’un gouvernement normalement élu. On pense à 1940 (De Gaulle face à Pétain) et 28 ans après à Mai  68 la  rue face au général (mais voir aussi l’échec du référendum de 1969 qui verra le départ de De Gaulle)  ou encore à l’apparition autour de 1960 d’une diversité de gouvernants africains comme d’ailleurs en 1989 de gouvernants est-européens/. Autant de situations marquées par l’émergence d’un « pouvoir bis » comme avec la cohabitation de 1997. En 2013, le débat sur le « mariage pour tous » est susceptible de mettre en place un « contre-pouvoir », celui de l’opinion publique. Cette multiplication des pouvoirs peut impliquer un « partage » du pouvoir mais pas nécessairement, cela peut aussi conduire à une forme de partition. C’est dire qu’un certain pouvoir peut être « débordé » par un autre qui se manifeste et qui manifeste.

Visuellement, la conjonction (phase 1) représente une concentration du pouvoir alors que la « disjonction » (phase 2) voit le pouvoir se scinder.

Il  est intéressant, nous semble-t-il de suivre cette évolution de la topographie du pouvoir sur une dizaine d’années. A certains moment, un seul pouvoir peut abattre un travail monumental et à d’autres, la multiplicité des pouvoirs s’avère assez impuissante et génère de la confusion. On ne sait plus à qui s’adresser.  Le pouvoir se morcelle, se scinde, c’est la fin d’un certain monopole.

La phase de multiplication des lieux de pouvoir conduit à ne plus avoir une capitale mais deux, pas un chef mais deux. On pense aux guerres civiles en France (Paris et Tours), au Schisme de la papauté.(Rome et Avignon). Ce ne sont pas les exemples qui manquent et cette anomalie de l’exercice du pouvoir est probablement assez mémorable même si le processus inverse de recentrage peut aussi marquer les esprits..

Nous dirons donc que l’objet de l’Astrologie est le mode cyclique d’exercice du pouvoir, ce qui renvoie aux philosophies du politique, de la Cité, dont Aristote est un exemple remarquable d’autant qu’il met en évidence un certain cycle, une certaine succession, une certaine alternance/alternative, une certaine concurrence. Certes, les élections font –elles apparaitre une certaine dualité mais elles tournent court en y mettant fin. Les Anglais ont développé l’instititution du Cabinet Fantôme (Shadow Cabinet),, c'est-à-dire de l’opposition et de son chef. La minorité ne saurait être évacuée artificiellement. On pense aux « bolcheviks » et aux « mencheviks » en Russie. La phase 2 est celle de la « discordance » (ce qui est symbolisé par la théorie des « mauvais » aspects). La phase 1, a contrario, met un coup d’arrêt à une certaine cacophonie, à une certaine liberté d’expression et d’action. C’est la mise au pas, la fin d’un certain dialogue impliquant la reconnaissance de l’autre. Le Printemps Arabe, depuis  2011, de Tunis au Caire, de Benghazi  à Alep, aura fait également surgir un pouvoir multiple, 22 ans après 1968 (soit trois cycles de 7 ans, environ). C’est en fait un processus inévitable qui passe par un certain lâcher prise. Qui trop embrasse mal étreint.

Quand dans le ciel, le peuple voit Saturne se détacher sensiblement de l’une des quatre étoiles fixes royales, c’est le signe d’une certaine anarchie, c’est un appel à et par des leaders de fortune, qui incarneront une autre légitimité, qui se dresseront face à un consensus unidimensionnel.

 

 

JHB

08. 01.13