Pavlov et le minimalisme astrologique

 

Par Jacques Halbronn

Autour du Colloque Astronomie-Astrologie

des 20-21 décembre 2012-12-24

 

 

Soit l’astrologie se complexifie pour correspondre à un monde hyper-complexe, soit elle se simplifie pour être en phase avec un monde nettoyé de ses scories. Nous représentons le courant de l’astrologie minimaliste dont l’approche se veut avant tout stratégique avec un minimum de moyens. Nous dirons que ce qui nous intéresse, c’est l’astrologie du temps qui passe, qui s’écoule comme dans un sablier. La seule ambition d’une telle astrologie  tient à pouvoir indiquer à partir de quel moment une certaine énergie tend à s’épuiser. C’est à la fois peu et beaucoup. Nous voulons que l’astrologie devienne incontournable non pas en occupant tout le terrain mais en tenant des positions cruciales, dont on ne saurait faire l’économie. Nous entendons que pour nous l’astrologie détient  une information inestimable, une « clef » indispensable qui manque à l’Humanité depuis des millénaires.

On débarassera l’Astrologie de ses hardes pour n’en retenir que la connaissance  des « relais » énergétiques. Où sont situés ces relais dans l’espace cosmique ? Que se passe-t-il  lors du passage de relais ? Nous dirons que ces relais sont le lieu et le temps du rechargement. Pour qu’il en soit ainsi, il faut des signaux simples que l’on pourrait qualifier de pavloviens. Tout se passe comme si à chaque conjonction, l’humanité se trouvait remise dans le droit chemin, celui d’un certain ordre social. Comme si elle recevait quelque message hypnotique lui enjoignant de se conformer à un Surmoi collectif.

A l’instar du chien de Pavlov, vient un moment où le signal devient de moins en moins lisible, de moins en moins reconnaissable, où le charme décline. Jean –Pierre Nicola se référa à Pavlov pour son astrologie en y  introduisant les notions d’excitation et d’inhibition. L’on peut dire que lorsque le signal est manifeste, on est en phase d’excitation et quand il est brouillé, on est en phase d’inhibition. Mais à la différence de Nicola, nous ne servons pas de cette imagerie pour décrire des types psychologiques mais pour indiquer un changement comportemental se produisant au bout d’un certain temps, ce qui correspond tout à fait à la dynamique du signe pavlovien. Il est également clair que ce phénoméne est lié à un conditionnement ancestral, que notre humanité ait été conditionnée ou qu’elle se soit elle-même conditionnée, ce qui appartient au mystère de son évolution.

Selon notre astrologie, la conjonction de deux facteurs enclenche le processus pavlovien. Quand les deux facteurs se dissocient, c’est à terme le passage de l’excitation à l’inhibition au point que le signal devient sans effet, n’est plus reconnaissable. Il y a là un seuil d’identifiabilité du signal qui se manifeste peu à peu sans rupture brusque.

Pour sous-tendre cette dynamique pavlovienne sans laquelle on ne comprend pas le fonctionnement de nos sociétés, des repères cosmiques simples furent mis en place et en œuvre arbitrairement car un tel signal, au départ, ne peut qu’être fixé arbitrairement, si ce n’est qu’il doit être aussi repérable que possible par le plus grand nombre.

Lorsque la conjonction (en l’occurrence Saturne/étoile fixe royale) se reforme, on se trouve dans une problématique correspondant à une forme d’hypnose et qui vient réitérer un ordre, dans tous les sens du terme, c'est-à-dire un « commandement », (Dix Commandements), garant d’un certain modus vivendi.

C’est ainsi qu’actuellement, en cette fin 2012,  le signal conjonctionnel s’affaiblit singulièrement et l’on perçoit un désordre croissant, au sens d’une désunion. L’idée de ne plus faire qu’un est en perte de vitesse, se « vend » de moins en moins bien. Le surmoi pavlovien décline et c’est donc le temps de l’inhibition, de la réticence à se souder, à se regrouper sous une seule bannière.

Certains astrologues feront la fine bouche en disant « vous voudriez que l’astrologie ne soit plus que ça ! ». Comme chez ceux qui ont pris l’habitude de manger lourdement, il y a là une frustration : cela ne tient pas au ventre, on reste sur sa « faim ». En effet, il faut que l’astrologie et les astrologues se mettent au régime, quitte à renoncer à toutes sortes de recettes de cuisine et à tout un savoir faire, acquis au fil des années et dont l’astrologie désormais doit se délester, en évitant les pesanteurs corporatistes. ..

L’astrologie telle que nous la préconisons nous donne une idée forcément très générale du cours des choses. Mais il n’est de science que du général. Les gens ont un sens suffisamment aigu de l’abstraction pour  passer du général au particulier et vice versa. Cette grégarité, déclenché et réactivée par la conjonction décrite plus haut et qui se reforme tous les sept ans, implique des ajustements individuels pour entrer dans un moule. Ce qui nous intéresse, c’est la tendance de fond qui vise à réunir, à rassembler sous une forme ou sous une autre des entités fort différentes. C’est un phénoméne que l’on peut qualifier de « babélien », au sens d’une polarisation collective laquelle n’aura qu’un temps et se dissoudra quand les deux éléments du signal se dissocieront toujours plus, d’où une résistance croissante (inhibition) à dépasser les différences, ce qui ne peut que les accentuer (en rapport avec l’écroulement de la Tour de Babel, avec pour effet la multiplication des langues).

Nous dirons donc que l’astrologie du XXIe siècle se définit comme l’étude des signaux pavloviens à caractère cosmique qui sous tendent l’organisation des sociétés. On n’est plus dans une astrologie attrape tout, pléthorique tant dans ses moyens que dans ses fins mais dans une astrologie consciente de traiter d’une information cruciale dont l’Humanité ne saurait plus longtemps se passer tant il est clair que la méconnaissance de tels signaux constitue une grave lacune pour tous ceux qui entendent guider nos sociétés.

Actuellement, force est de constater que les plus acharnés adversaires de notre astrologie sont les astrologues et c’est pourquoi  nous avons fourbi nos armes pour résister à leurs assauts..

 

 

JHB

24. 12. 12