De: jacques halbronn [halbronn@yahoo.fr]
Envoyé: vendredi 30 novembre 2012 13:04
À: dan
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Objet: nouvel articlle Astrologie
 
 
Modèles astrologiques multifactoriels et pratiques quantiques
Par  Jacques  Halbronn
 
 
Il faut prendre conscience, une fois pour toutes, que la pratique na valide pas la théorie pour une raison très simple, c’est qu’elle est quantique, c'est-à-dire  aléatoire. Un modèle faux peut être validé et un modèle « valable » peut être pris en défaut. Tous les astrologues sont d’ailleurs d’accord pour reconnaitre que l’astrologie s’inscrit au sein d’une multifactorialité, ce qui est tout dire. Mais en affirmant  cela, étrangement, ils ne comprennent pas que la théorie exige également une multifactorialité et c’est là que le bât blesse.
Est-ce que, en effet, les théories astrologiques qui sont présentées sont multifactorielles, c'est-à-dire compatibles avec les exigences d’autres domaines de connaissance ? Ce qui caractérise la plupart des  modèles astrologiques, c’est leur invraisemblance et celle-ci n’est pas dépassée du seul fait d’une pratique inévitablement quantique. Tout se passe, en effet, comme si les astrologues pensaient qu’une théorie isolée pouvait être sauvée par une pratique multifactorielle. Or, placer la validation en aval, c’est basculer dans un processus quantique sur laquelle on ne peut avoir prise et où la « poule » astrologique ne retrouvera pas ses petits, pour paraphraser une formule bien connue.
On a l’impression que les astrologues n’ont pas de prise sur la tradition qu’ils véhiculent. On se rapproche singulièrement de l’expression « credo quia absurdum » Interrogés sur la cohérence de leur savoir, ils bottent en touche vers la « pratique ». Mais on ne peut confronter un savoir brinquebalant à une pratique quantique. Ces astrologues que nous interrogeons lors de nos entretiens filmés depuis cinq ans (d’où notre collection de vidéos en ligne) sans parler de plus de cinquante colloques que nous avons organisés, depuis près de 40 ans, n’osent guère toucher quoi que ce soit à leur Astrologie, ce qui montrent que l’ingénierie astrologique est au plus bas depuis une bonne vingtaine d’années. Les chercheurs et les penseurs de l’astrologie des années soixante  ont été remplacés, depuis le début des années 90 du siècle dernier  par le bas de gamme des praticiens et des enseignants-répétiteurs, ce qui conduit à un corporatisme parasyndical qui s’appuie sur un consensus mou.
Le thème astral est l’exemple même d’une fiction qui n’aurait jamais du passer le stade d’une imagerie, d’une symbolique et que l’on nous présente tout de même comme une sorte de scanner. On connecte  le scanner astrologique  à l’objet  à  étudier  en entrant la date de naissance ou d’émergence du dit objet et apparaissent des signes que l’astrologue va devoir interpréter et qui lui permettront de décrire, d’analyser le dit objet, sous tous ses angles.
Nous sommes là en pleine fiction technologique comme si nos ancêtres d’il y a cinq mille ans avaient pu élaborer un tel « appareil ». Et c’est là que l’on bascule dans une invraisemblance à laquelle on ne saurait passer outre, au nom d’on ne sait quelle pratique censée nous décrire  le monde tel qu’il est.  Mais là encore, où sont les recoupements ? Il semble que l’astrologue ait affaire à des personnes isolées, sans autre repère que ceux qu’on veut bien leur offrir. Que couple que celui constitué de ces deux isolements, celui d’une théorie orpheline et d’un objet opaque à lui-même ! Alliance  de l’aveugle et du paralytique.
L’astrologie ne peut se concevoir, par quelque bout qu’on la prenne, autrement que dans le contexte de la Technique et évidemment à notre époque où la technique fait des miracles, l’astrologie tend à  se banaliser par le biais de l’informatique.
Or, qu’est ce que no sociétés ancienne savaient faire ? Elles savaient constituer des langues, des rituels, des règles, elles savaient structurer le collectif, comme l’a bien montré le structuralisme ethnologique. En revanche, elles étaient bien incapables d’explorer l’intérieur des choses et des êtres, elles n’en percevaient que l’apparence comme dans le cas des astres telle cette planète rouge qui serait associé à Mars. L’apparence était supposée  révéler l’essence. L’extérieur  ouvrir sur l’intérieur.
Tant qu’il s’agissait d’organiser la société, la constituer en castes, rien d’invraisemblable. Les preuves abondent  de cette faculté que les sociétés avaient de s’autostructurer, de se « modeler ». En revanche,  découvrir les « secrets » de l’univers et ceux de l’âme ne pouvait relever que de la fiction. Les hommes d’autrefois étaient beaucoup plus doués pour construire,  pour instituer  que pour accéder à l’essence des choses et des êtres sinon par le biais du divin, porteur d’ontologie (je suis celui qui est).Le prophète serait une sorte de scanner.
Cette fiction technologique  et anachronique, utopique, uchronique, du scanner cohabite encore de nos jours avec le laborieux travail du psychanalyste, comme si elle avait quelques siècles d’avance. Et c’est d’ailleurs ce dont se targuent tant d’astrologues qui soulignent à quel point avec l’astrologie c’est plus rapide comme avion à réaction qui se moquerait d’une bicyclette ! Le malheur, c’est que précisément, en 2013, l’humanité n’est toujours pas capable de construire ce fameux scanner  et donc de valider celui qui, véritable  OVNI, est véhiculé depuis des siècles par l’astrologie. Ne voilà—t-il pas d’ailleurs les astrologues à partir du XIXe siècle vouloir perfectionner l’outil en question en y ajoutant de nouvelles données astronomiques qui feront du dit scanner un instrument encore plus efficace ? Ce qui ne les empêche pas d’ailleurs, dans leur grande majorité, d’affirmer que les lois de l’astrologie sont celles de l’univers et de refuser haut et fort que l’on traite l’astrologie d’artefact. Car voilà qui complique et brouille encore plus l’image des astrologues, c’est le fait qu’ils ne veulent pas accorder aux hommes la faculté de reformuler le monde, ils ne comprennent pas l’idée même de technique sinon pour qualifier tel ou tel de leurs procédés. Voilà des gens qui se situent à la pointe du rêve technologique et qui ne souhaitent qu’une chose, le faire assumer par une mystique de la Nature, à l’image d’un Jean-Pierre Nicola qui voudrait nous faire croire que le système solaire est  par sa structure même un être philosophique..
 
 
 
JHB
30. 11. 12