La phase 2 : le conflit des allégeances

 

Par Jacques Halbronn

A la mémoire de Christian Drouaillet, décédé en ce mois de janvier 2013, à Dijon.

 

 

En ce début d’année, on assiste ici et là à des exercices prévisionnistes plus ou moins convaincants. Le défaut de ces diverses tentatives est un problème de dosage. Au lieu d’annoncer un événement avec un certain pourcentage de chances de réussite, il serait plus sain d’annoncer un certain type de situation qui devrait être assez fréquent. C’est le passage d’une astrologie du mémorable  à une astrologie du probable. Il nous semble préférable d’annoncer avec quelque certitude que l’on assistera à des comportements assez caractéristiques, l’incertitude étant au niveau quantitatif et non pas au niveau qualitatif. Car si l’astrologie prévisionnel renonce au qualitatif, elle devient inconsistante.Nous plaidons en faveur d’une approche prévisionnelle statistique et surement pas à un seul coup, en un seul lieu chez une seule personne. Et comme on dit : une hirondelle ne fait pas le printemps. L’astrologie a besoin du nombre. Que l’on nous comprenne bien : non pas de mille astrologues qui déclarent que leurs clients sont contents mais de cent confirmations de la valeur d’un seul et même pronostic  intelligiblement formulé, ce qui est rarement le cas.

Insistons sur le point suivant : ce qui compte, c’est qu’un phénoméne du même ordre se reproduise au cours d’une certaine période de temps un nombre assez remarquable de fois, un peu partout dans le monde, quitte à ce que cela fasse tâche d’huile et boule de neige. 

Mais là où le pronostic astrologique pèche terriblement, c’est dans la définition du type d’événement à annoncer. Pour nous, il n’y a que deux cas de figure qui ne sont que les deux faces d’une même médaille alors que pour nos collègues astrologues, ils passent d’une combinaison planétaire  à une autre, du fait même de la durée des révolutions des planétes transsaturniennes. On passe ainsi du coq à l’âne sans parler de la diversité des 12 signes. Tout cela génère le plus grand désordre et nos astrologues sont des gens brouillons, qui changent de planète et de signe comme de chemise, embarrassés qu’ils soient par tous les facteurs qu’ils se sont mis en tête de suivre et de considérer. C’est une forme d’endettement intellectuel, pourrait-on dire.

En comparaison, notre astrologie est d’une simplicité  extrême : une seule planète passant par deux états successifs sur une période de 7 ans. L’astrologie probabiliste est plutôt sociologique alors que l’astrologie « mémorabiliste »  flirte avec l’Histoire. ...Notre démarche vise à rassembler un grand nombre de cas qui ne sont pas nécessairement spectaculaires mais bien typés et non à parier sur un « gros coup » qui prendra des proportions extraordinaires. Pour nous l’extraordinaire est la tendance générale quantifiable et non l’événement unique qui peut ne pas se produire en raison de quelque grain de sable.  C’est en fait une différence de formation entre ceux qui se sont arrêtés au niveau du secondaire ou du second cycle et ceux qui sont passés par le troisième cycle d’études.  Il ne faut pas en effet que l’arbre cache la forêt.

Si l’on prend ce qui se joue en ce moment, nous invitons les amateurs à observer autour d’eux ce qui se passe et la tendance qui va s’amplifier au cours des deux prochaines années.

Le mot clef est le mot « alliance » et éventuellement renversement d’alliance ou pacte improbable qui peut éventuellement être un retour à de vieux démons dont on pensait s’être libérés. C’est ce qui se passe en ce moment en Afrique où le passé revient en force  avec l’ancienne puissance coloniale, la France, appelée à la rescousse par une partie de l’Afrique comme quoi on ne tourne jamais définitivement la page, ce qui est d’ailleurs une des grandes leçons de l’Astrologie. C’est aussi le temps des doubles allégeances : la France prise entre sa solidarité européenne et son passé « impérial ». On est entré dans une phase de dualité mais celle-ci va finir par s’imposer car le principe unitaire est en crise. L’unité n’est plus de mise car elle n’a plus, pour l’heure, toute l’attractivité nécessaire. ..

La phase actuelle du cycle de Saturne ne permet plus le splendide isolement.(du moins pour les 2 ans qui viennent), c’est une phase d’appoint qui a pour avantage de  décloisonner l’espace-temps, ce qui peut conduire à d’assez étonnants rapprochements, avec de possibles retours en arrière.(involution). En1989, nous avons vu un tel processus qui a balayé plusieurs décennies de domination soviétique et même une dislocation de l’URSS. En phase 2, les grandes entités unitaires en prennent un coup.Mais elles sont obligés de faire des concessions du fait d’un déclin de leur force d’attraction.

Contrairement à ce que certains astrologues affirment – comme Jacky Alaiz (pour teleprovidence)- la France a les coudées franches en Afrique. A contrario,  la période actuelle exigera de l’Union Européenne et de la zone euro  plus de flexibilité. Les contraintes communautaires devront être sérieusement revues à la baisse. Il ne faut pas en effet que l’astrologue raisonne comme tout un chacun selon les préjugés du moment. Il doit anticiper les revirements de l’opinion et leur durée.

Une équipe gouvernementale ne saurait en ce sens restée prisonnière d’une  mentalité qui a fait long feu et doit pouvoir changer son fusil d’épaule. En l’occurrence, la France aurait eu bien tort de se gêner quitte à faire quelques coups de canif dans le contrat communautaire car les temps changent. On peut même dire qu’elle risque fort de donner le « mauvais exemple » en faisant preuve d’une certaine forme d’infidélité, prise qu’elle est entre plusieurs allégeances et attentes de la part des uns et des autres. On  a vu récemment les déclarations britanniques par rapport à l’Europe.

Cette phase 2 peut également se manifester à un niveau plus personnel,  à une plus petite échelle avec une tendance, à tous les niveaux, à une certaine diversification. On ne veut pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

Nous dirons donc qu’il faudra attendre 2015 pour que l’Union Européenne retrouve tout son allant. Mais entre temps,  contrairement à ce que d’aucuns pensent, la crise n’est pas terminée en Europe. Loin de là. C’est maintenant que certaines tensions vont prendre toute  leur ampleur. On ne peut que conseiller à l’Europe – et à Angela Merkel - de lâcher pas mal de lest et d’ailleurs les donneurs de leçon risquent fort de ne pas être en reste en matière de liberté de manœuvre.

L’ONU devrait également traverser une période difficile. Elle a d’ailleurs démontré son inefficacité et son blocage, face à la crise syrienne.  Des initiatives séparées en cavalier seul devraient se banaliser sans recherche de consensus unitaire devenu, pour l’heure, utopique.

Le véritable enjeu pour l’Astrologie est là : face à un événement ponctuel comme ce qui vient de se passer au Mali, est—cet un accident de parcours –comme le croient certains astrologues mal équipés– ou au contraire le signe d’une nouvelle attitude pour les deux années à venir ? Comme nous le disions plus haut, il s’agit d’anticiper sur  un certain quantitatif, c'est-à-dire s’attendre à ce que des situations comparables, toutes proportions gardées, aient lieu un peu partout sur la planète.  On pense notamment à ce qui pourrait se passer entre Israël et l’Iran. 

A ce propos, il convient de rappeler 1967 et la Guerre des Six Jours. Israël n’a pas hésité à rompre ses liens avec la France – d’où la rage de De Gaulle- et à se rapprocher des Etats Unis pour  réagir par anticipation  face à la menace égyptienne. Or, en juin 1967, Saturne était à 10° bélier. En janvier 2013 est à 9° scorpion, c’est  à dire dans le deux cas en phase 2. Entre temps, à plus de 40 ans d’intervalle, il semble que les contraintes unitaires aient mieux résisté, ce qui explique que la phase 2 ne prenne toute  son ampleur qu’avec un peu de retard. Mais il faut rappeler que l’expédition de Lybie avait déjà donné un certain avant goût de phase 2 mais la France n’avait pas d’histoire en Lybie comme elle en  au Mali. En mars 2011, Saturne était  à 15° bélier.

Il faut rappeler que la phase 2 ne peut jamais être datée avec certitude. Elle correspond à un relâchement de la phase 1 mais elle ne correspond pas à un signal conjonction el mais plutôt  à une absence, une perte de signal. C’est le sablier qui se vide plus ou moins vite.

 Si l’on prend  aout 1939, avec Saturne à 1° taureau  en pleine phase 2, on a ainsi le pacte germano-soviétique qui a pris tout le monde par surprise.

Inutile de dire que ce qui se passe actuellement n’ a rien à voir avec quelque carré Uranus-Pluton en devenir  qui est une pure fiction de l’astrologie contemporaine pour ne pas parler des élucubrations concernant des planétes hypothétiques de type Bacchus, Proserpine ou Apollon, au mouvement très lent. Il faut bien comprendre que plus on prend des astres lents et plus l’on tend à grossir un événement du fait que la configuration est rare, ce qui contraint l’astrologue à jongler avec 36 cycles, au lieu de s’en tenir à un seul et même cycle..Or, ces situations de phase 2 se reproduisent tous les 7 ans depuis des millénaires et n’ont rien à voir avec on ne sait quelle ère du Verseau. Halte à une astrologie surdimensionnée !

On célébre actuellement le cinquantième anniversaire du Traité de l’Elysée qui fonde une nouvelle ère dans les relations entre la France et l’Allemagne,  dix huit ans après la capitulation du régime nazi.  Saturne se trouvait au début du verseau,  et donc dans la même position qu’à présent,où Saturne se trouve au début du scorpion, selon la régle du « pliage » à 90° que nous empruntons à Ebertin. On parle de « réconciliation » mais tout est relatif car en 1940 aussi, il y eut un certain rapprochement franco-allemand, dans des conditions certes fort différentes, mais également en phase 2. Cette phase donne toujours des effets assez surprenants et quelque peu à contre-courant.

 

 

JHB

21.01. 12