La crise de la phase pré-conjonctionnelle

 

Par Jacques Halbronn

 

Le seul point vraiment sécurisé en astrologie conjonctionnelle est la conjonction de Saturne, à tour de rôle avec l’une des 4 étoiles fixes royales, une fois tous les sept ans. C’est pourquoi il est préférable de parler de phase préconjonctionnelle plutôt que de phase disjonctionnelle puisque l’on ignore quand commence la phase disonctionnelle, vu que cela ne peut pas être détermminé avec précision, dans la mesure d’un écoulement, d’un épuisement progressif et assez aléatoire. On retrouve ce même décalage entre le moment de la naissance et celui de la mort, le début d’une relation et sa conclusion. Lorsque la charge conjonctionnelle tend à s’épuiser, cela se manifeste dans le fait que les liens socioprofessionnels se distendent, du fait d’une baisse de régime qui finit par se ressentir et qui crée un climat de fin de règne. Il y a une tendance générale à la procrastination (de cras : demain en latin), à remettre les choses à plus tard(en anglais postpone) indéfiniment, à gagner du temps. Les gens sont moins stressés, le rythme moins trépidant.

Le contraste sera d’autant plus frappant avec la phase conjonctionnelle qui va suivre irrésistiblement et qui sera marquée par une puissante voire soudaine accélération, les choses tendent alors à se précipiter. Il y a à nouveau du « jus ». On peut parler d’électrification car l’énergie est contagieuse. Effet boule de neige. L’astrologie conjonctionnelle se manifeste au prisme d’un tel contraste qu’il est possible de prévoir avec une précision certaine. Ce relâchement est donc un signe avant-coureur de la conjonction à venir. Un homme averti en vaut deux. Les choses vont s’emballer faisant suite à un certain marasme. Les gens sont entrainés dans une spirale, c’est plus fort qu’eux et surtout ils sont impliqués avec d’autres personnes. La phase conjonctionnelle ne favorise pas la solitude, elle est marquée, au contraire, par l’intrication de plusieurs vies. Mais l’énergie dégagée par la conjonction sous tend cette charge, cette prise de responsabilité, cette complicité, cette volonté de réaliser des choses ensemble. L’union fait la force..

Est-ce à dire qu’il y a alors plus de mariages en début de phase conjonctionnelle après les retards de la phase pré-conjonctionnelle ? Plus de passages à l’acte ? Probablement, cela doit-il apparaitre quelque part dans les statistiques. Comment une phase conjonctionnelle précédée d’une certaine période d’inertie, de relâchement, ne pourrait point se répercuter statistiquement, à un niveau ou à un autre. Il faudrait comparer diverses courbes entre elles. Il y a, en tout cas, un effet de surprise et c’est justement cette expérience qui est apte à faire sentir, à rendre palpable l’existence d’une interférence astrologique. On peut dire que la phase pré-conjonctionnelle peut être circonscrite dans les deux ans qui précédent la conjonction, ce qui donne de la marge même si elle peut se produire avant. Elle est marquée par le fait que les gens se détachent les uns des autres, comme lorsque l’on coupe le courant alors que des gens étaient unis par un courant électrique ou par un aimant.

Autrement dit, en phase pré-conjonctionnelle, il faut relativiser les effets d’annonce éventuels car on trouve souvent un prétexte pour ne pas pousser les choses jusqu’à leur terme. On comprend ainsi que les gens soient déçus, découragés, dans leurs attentes, par des promesses non tenues, par des délais jugés intempestifs, par une dynamique poussive. Les politiques qui ignorent ce phénoméne conjonctionnelle sont pénalisés et ne parviennent pas à se justifier ; Leur chance, c’est une léthargie, une indécision générales, un ralentissement chronique. On voit ainsi en France, en cette fin de 2012, que face au PS et à la tentation centrifuge de ses alliés, on trouve à l’UMP des militants qui ne parviennent que péniblement à faire la décision ; Au royaume des aveugles, les borgnes sont les rois. Inversement, la fin de la phase conjonctionnelle – quand elle se présente, tôt ou tard, car cela peut varier selon divers facteurs extérieurs, comme un appareil qui se déchargerait plus ou moins vite, va provoquer peu à peu des relations, des contacts qui vont se raréfier, se rationner. La boucle est bouclée. C’est Sisyphe.

 

 

 

JHB

19. 11.12