L’astrologie, école de tolérance

 

Par  Jacques Halbronn

 

On nous dit souvent que l’astrologie nous enseigne à respecter la différence avec l’autre.  Mais de quoi s’agit-il plus précisément ? Il faut se méfier d’indications aussi vagues et floues. Posons donc le probléme autrement : qu’est ce qui est si difficile à  tolérer chez autrui ? Sur quoi sommes-nous le moins tolérants envers notre prochain ? Et en quoi l’astrologie pourrait-elle nous aider de par sa structure et son assise ?

L’astrologie nous parle du mouvement des choses et nous dirons donc que l’astrologie peut nous aider à comprendre pourquoi et comment les choses bougent, évoluent.

Notre approche ne correspond pas à l’idée répandue d’accepter la « différence » entre moi et l’autre. Ce serait plutôt le droit d’autrui à changer.

Or, souvent, nous n’apprécions pas trop que les gens changent, changent d’avis, de comportement. Nous voulons bien qu’ils soient comme ceci ou comme cela mais une fois pour toutes.

Notre philosophie de l’astrologie prend ses distances par rapport à la vocation de l’astrologie de nous distinguer les uns des autres et qui nous semble assez vaine. Il ne s’agit pas non plus de nous plonger dans l’événementiel. Mais entre ces deux extrêmes, il y  a un juste milieu qui est le domaine du revirement. Nous avons droit à des revirements périodiques et qui obéissent à des règles bien définies dans le temps.

Le cas se présente en politique : on élit des gens pour mener une certaine politique et pas une autre et finalement, au bout d’un certain temps, ces gens adoptent une nouvelle posture, qui n’était pas dans leur « programme », qui n’était pas « prévue » mais qui était bel et bien prévisible. Au fond, c’est comme le temps qu’il fait : ce n’est pas la même chose toute l’année. Dont acte.

Nous serions tous des « Janus », à double face. Et l’on à beau jeu de nous dire que nous sommes un peu cyclothymiques au vu des aspects dissonants de notre thème de naissance. Ce n’est pas un scoop !

Le rôle de l’astrologue, selon nous, est de nous préparer au changement et non pas à tel ou tel événement spécifique. Ce changement nous le définirons comme une alternance d’ouverture et de fermeture, un peu comme pour une huitre. A certains moments, on se « referme » ou se ‘renferme » et à d’autres, on se rapproche de gens assez improbables, ce qui peut surprendre. Ce que l’on attend de l’astrologue et/ou de l’astrologie, en priorité, c’est qu’il/elle nous dise quand les choses risquent de basculer et dans quel sens. Le « sens «  en astrologie, c’est la signification mais c’est aussi la direction.

Donc, il faut s’attendre à ce que telle personne, à partir d’un certain seuil, change son fusil d’épaule et obéisse à une nouvelle logique, de rechange en quelque sorte. Il est possible que nous ne fonctionnions pas tous ainsi mais ceux qui sont vraiment marqués par le cosmos sont conduits, tôt ou tard, à de tels virages qui peuvent donner le vertige.

Dans notre astrologie « conjonctionnelle », il y a deux phases et deux phases seulement : celle de la conjonction et celle de la disjonction (cf nos travaux à ce sujet sur le site grande-conjonction.org). En phase conjonctionnelle (Saturne conjoint à l’un des points du quadrilatère stellaire (Aldébaran, Régulus, Antarés, Fomalhaut) constitué non pas forcément des étoiles les plus brillantes mais des étoiles constituant ensemble un carré « naturel » dans le ciel, vu de la Terre), l’individu se recentre, il renonce à se disperser comme il l’avait fait en phase 2. Il est moins ouvert, moins demandeur d’une présence étrangère et cette présence étrangère, c’est tout ce qui fonctionne différemment de lui. En ce sens, en phase 1, on sera moins tolérant, moins curieux de la différence d’autrui. En revanche, au bout d’un certain temps –en moyenne 4 ans- la personne tend à faire appel à des énergies autres, un peu comme Atlas demandant à Héraclès de porter un moment le ciel à sa place. On devient plus sociable, plus « intéressé » par ce qu’autrui peut nous apporter. Le problème, c’est que ce moment de faiblesse (qui va durer dans les 2/3ans) passé, l’on est tenté de remercier celui ou celle qui nous a donné un coup de pouce et là encore, le revirement ne passe pas toujours très bien..

Ce qui facilité un peu les choses, c’est que ces revirements se produisent chez tout le monde au même moment, du fait que nous ne tenons pas compte du thème natal. Mais on se demande si les hommes et les femmes fonctionnent de la même façon au regard de l’astrologie. Il est possible que ce processus de changement soit plus fortement vécu chez les hommes que chez les femmes. Qu’en pensez-vous ? Faut-il rappeler aussi qu’un enjeu social majeur est la compréhension de l’autre sexe et que les classifications proprement astrologiques ne sauraient s’interposer ou se substituer à ce clivage déterminant ?

 

JHB

23. 01. 13