Début et fin de cycle

 

A l’occasion de la nouvelle année 2013

Par  Jacques Halbronn

 

La clef de toute prévision astrologique tient à la dichotomie entre début et fin de cycle. Tout le reste n’est que broderie et digression.

Le langage courant a conservé la mémoire de cette distinction, notamment en français.  Quand on dit : se lever de bonne heure, on entend se lever tôt, donc en début de cycle par opposition à « tard » qui est la fin du cycle, ou en tout cas un état ultérieur, postérieur du cycle.

En anglais, early vient de bonne heure, mais on a oublié de garder le « bon », comme on dit « chanceux » ou « heureux » alors qu’il faudrait ajouter « bonne chance » (par opposition à  malchance) ou « bonheur » par opposition  à  malheur. » A la bonne heure « est une formule propitiatoire. On dit aussi « de bon matin ».  On dit aussi « bon appétit » ou « bon voyage » au début d’un processus. Une entreprise, c’est quelque chose qui commence, dans laquelle on « entre ».

A l’opposé, des formules comme « fin de règne » indiquent une certaine forme de déchéance. A contrario, la « renaissance » est un nouveau dé-part, dé-but, un nouveau cycle qui re-prend.

Dans le cycle saisonnier, le solstice d’hiver correspond à un nouveau cycle (d’où le Ier janvier (Janus), d’où la Nativité de Jésus, à Noël), relayé par l’équinoxe de printemps (l’agneau pascal).

Où voulons-nous en venir ?  A l’idée que l’astrologie doit retrouver une certaine simplicité, une « virginité » (qui est aussi la marque d’un commencement, de ce qui n’a pas été défloré, la forêt vierge). On peut réduire, résumer tout le parcours zodiacal dans ce passage du tôt au tard (d’où la formule « tôt ou tard ») mais cela vaut aussi pour la succession des maisons (de la naissance (I) à la mort (VIII) dans un système à 8 « lieux » (topos) (nom sous lequel on désignait autrefois (encore au XVIIe siècle, cf. la traduction de la Tétrabible par Nicolas Bourdin, 1640) les maisons, ce terme renvoyant en fait aux signes, en tant que domiciles des planétes.

Même les planétes ne font qu’illustrer une progression comme cela ressort de la théorie des Ages de Jean-Pierre Nicola, un certain parcours de l’âme.

Une fois que l’on a mis un peu d’ordre dans  ces diverses façons d’indiquer un processus, que reste-t-il ? Un seul cycle, une seule planète passant par des états successifs qui eux-mêmes se réduisent, au bout du compte, à deux temps principaux. Pourquoi faire compliquer quand on peut faire simple ?

L’astrologie a tout  à gagner à renouer avec une formulation simple si elle veut sortir de son ghetto (cf. notre entretien avec Camille L. journaliste pour teleprovidence)

L’adjectif  ‘bon » est synonyme de ce qui commence. Et nous ne cessons de l’utiliser à tout bout de champ dans la vie courante, même s’il est parfois sous entendu. Le terme « bonheur » nous ramène d’ailleurs directement à l’astrologie, à l’heure (horoscope), à l’astrologie « horaire ». On demande à l’astrologue de fixer le « bon » moment pour commencer quelque chose, sachant que plus le temps passera, plus il y aura de délai, de retard, moins la « chance » sera de bon aloi. On recherche de « bons » augures, de bons auspices.

Cela dit, il faut aussi apprendre à vivre la fin d’un cycle en attendant le début d’un nouveau. Paradoxalement, c’est quand nous sommes affaiblis que nous allons vers autrui, que nous nouons des liens. La fin de cycle nous conduit à nous rapprocher de certaines personnes qui nous sont foncièrement étrangères,  à nous « unir » (« l’union fait la force » est une formule de fin de cycle) si ce n’est que certaines unions sont des trahisons, des compromissions, des tentations que l’on pourra regretter par la suite. On peut faire de mauvaises rencontres (d’où le terme « malencontreux »)

De la sorte, force est de constater que nous privilégions ce qui est à la source- la semence- et non ce qui est en fin de parcours. La naissance de l’enfant est en ce sens ambivalente : elle est à la fois commencement et aboutissement.  C’est pourquoi les astrologues s’intéressaient autrefois à la conception. Le prince est celui qui vient en « premier » (Premier Ministre, prime time), c’est le principe. A force que le temps cyclique s’écoule, s’épuise, on risque fort d’être en porte à faux avec ses principes, avec ses bonnes résolutions de début d’année, par exemple. Bonne année, se dit d’ailleurs  lorsque le cycle annuel reprend. Quelque part, cela sous entend que la poursuite du cycle  nous fait peu à peu basculer vers quelque chose de « moindre », nous fait « décliner ».

D’où l’importance de revenir aux origines de l’astrologie, donc à la « bonne » astrologie.

 

 

JHB

24. 01. 13