De: Jacques Halbronn [teleprovidence@yahoo.fr]
Envoyé: jeudi 29 novembre 2012 18:21
À: dan
Objet: nouvel article Astrologie
 
Le thème astral et l’Astrologie fiction.
Par Jacques Halbronn
 
 
Il existe selon nous une dialectique entre les travaux de Gauquelin et la pratique du thème natal qui est celle de l’externe et  de l’interne, du visible et de l’invisible, du collectif  et du personnel.
On peut en effet admettre que les sociétés se soient structurées et réparties entre plusieurs catégories, ayant chacune leur totem, leur « dieu » et ce pourrait d’ailleurs être l’origine des panthéons, l’augmentation des dieux ayant été due par la suite à une volonté d’associer un dieu à un signe.
Le thème natal nous apparait comme l’affirmation qu’une seule personne puisse représenter, à elle seule, la totalité du corps social, ce qui est, selon nous, la définition du chef, en tant que « surhomme ». Et on notera que le thème natal s’appuie sur les mêmes données que les statistiques de Gauquelin, à savoir le moment de la naissance, ce qui ne fait sens, en vérité, que pour le prince, celui qui, dès sa naissance, se voit attribué une fonction à venir. C'est-à-dire l’exception..Dans une société non dynastique, le thème natal ne fait pas sens et ingérable en pratique puisque la naissance n’y est pas aussi déterminante d’un destin.
Par ailleurs,  le thème natal nous apparait comme une pure fiction. Car si les sociétés sont capables de s’organiser par un système de castes, on ne voit pas comment  l’Humanité antique aurait pu intervenir sur l’organisation interne du cerveau ! Ce n’est donc là qu’une image à l’instar de l’Homme Zodiaque- iconographie bien connue-  associant un signe à une partie du corps, comme le bélier à la tête et ainsi de suite..

Autrement dit, il nous semble totalement dérisoire de faire le thème de quelqu’un, si ce n’est pour connaitre sa catégorie planétaire selon la méthode Gauquelin. Certes, le chef est-il censé à lui tout seul, incarner le collectif et donc réunir en lui toutes les dynamiques mais il serait vain de noter les positions planétaires à la naissance en les combinant. On bascule dans l’Astrologie-fiction comme on parle de science fiction!

Nous sommes en effet pour une astrologie du possible,  c'est-à-dire à la portée des peuples anciens. Une astrologie du visible, limitée aux astres connus de l’Antiquité et une astrologie dont la mise en place soit limitée à une organisation « externe », exogène et non « interne », endogène. Tout comme autrefois, on savait opérer un bras cassé, effectuer une trépanation mais pas intervenir sur le cœur ou les poumons et encore moins sur le cerveau. Or passer du thème à la Gauquelin au thème classique est du même ordre de décalage.

On peut tout à fait accepter une théorie des Ages, comme celle que propose J. P. Nicola où chaque âge de la vie est associé à une planète. Mais on ne saurait  y voir plus qu’une symbolique. L’astrologie originelle  est beaucoup plus selon nous  de l’ordre du sociologique que du psychologique et l’on sait que les hommes sont capables de mettre en place des outils complexes comme les langues, comme les modes de parenté (cf. Claude Lévi-Strauss) que d’explorer la psyché humaine si ce n’est sur un plan purement virtuel..

L’imagerie planétaire peut symboliser une progression comme celle des âmes chez Platon sans que l’on ait à noter la position des astres à un moment donné. Cet automatisme si fréquent de nos jours chez les astrologues consistant à ouvrir des éphémérides chaque fois que l’on prononce le nom d’une planète est fâcheux. La succession des astres dans le ciel est en elle-même signifiante – et cela a donné le RET de J.P. Nicola- mais cela ne signifie pas que l’on puisse dresser astronomiquement un thème natal où seraient indiquées et combinées tous les astres du système solaire. Il y a une frontière entre l’astrologie réalité et l’astrologie-fiction, l’astrologie-poésie même si les deux astrologies partagent une même terminologie.

 

En ce qui concerne le thème natal, nous avons affaire à une prétendue représentation du moi existentiel –sinon essentiel-  de la personne qui fait surtout sens pour des personnes qui ne savent pas digérer leur vécu et qui ont du mal à explorer leur monde intérieur  et fonctionnel (celui notamment qui se situe dans la tête, à commencer par la gorge pour la production de sons) , non pas en tant que mémoire mais en tant que fonction – comme le langage, comme la pensée. En fait, même appliqué à des personnages remarquables, le thème ne fait pas sens, sinon sur un plan emblématique, comme sur un écusson, des armoiries.

 

Nous dirons que l’Humanité est divisée entre les « saturniens » et les « jupitériens ». Le peuple est saturnien en ce qu’il n’existe que par un processus réductif de l’individu à la masse alors que le chef est jupitérien. Mais, comme nous le disions plus haut,  seul ce qui est externe reléve de l’astrologie en tant que mécanique sociale et donc correspond à une certaine cyclicité cosmique tandis que ce qui est interne lui échappe.  Donc, paradoxalement, c’est le peuple qui dépend de l’astrologie pas le chef. C’est le problème du « mazal » dans la tradition juive (Talmud), il y a ceux qui ont un « mazal » et ceux qui n’en ont pas, le terme ayant fini par désigner la chance, la bonne fortune (mazal tov). Le destin du chef est extra-astrologique mais dépend étroitement, en creux, du cycle vécu par le peuple. C’est en effet quand ce cycle connait des ratés (en période de « décharge » énergétique – ou disjonction) que le chef reprend le pouvoir.

L’objet astrologique ne reléve pas de la Nature mais bien de la Technique. Mais il  est également étranger à la biologie et à notre intégrité physique interne.  Il correspond à un fantasme technologique à un double niveau de réalité : il est culturellement une réalité suggérée dans le cas du thème natal et  il est historiquement une réalité  construite de toutes pièces en ce qui concerne une certaine forme de cyclicité bien réelle dont rend compte ce que nous avons appelé l’Astrologie Conjonctionnelle et dont l’origine  renvoie à  un événement intrusif qui  est venu interférer avec le cours normal des choses humaines et dont l’Humanité a probablement gardé la mémoire  autour de l’épisode de la Tour de Babel dont l’érection  par Nemrod  pourrait symboliser l’instauration de l’Astrologie et la destruction la réaction contre cette mise en place..  Selon nous, l’astrologie fait plus sens pour les femmes que pour les hommes : elle dote les femmes, par le biais du thème astral, d’une représentation visualisable d’une intériorité inaccessible et elle confère à celles-ci  par sa dynamique cyclique, le poids du nombre par la cohésion qu’elle  impose à la foule projection au niveau collectif des méandres du cerveau individuel. L’ Astrologie est une fiction devenue réalité.
 
 
 
 
 
 
 
 
JHB
29. 11. 12