De: jacques halbronn [halbronn@yahoo.fr]
Envoyé: samedi 17 novembre 2012 02:13
À: dan
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Objet: nouvel article astrologie
 
Astrologie et technologie.
Par  Jacques Halbronn
 
Une des grandes questions qui sous-tendent – hantent- le débat autour de l’astrologie  est celle de savoir si l’astrologie est interne ou externe à l’Homme et si elle est de l’ordre de la Nature ou de la Culture. C’est un point délicat qui comporte des ambigüités et des ambivalences pouvant induire en erreur. Bien plus, nous n’appréhendons pas ces  éléments de la même façon selon que l’on est un homme ou une femme et il est bon d’en être conscient.
Comment définir ce qui nous est intérieur, ce qui nous appartient en propre encore que le verbe appartenir puisse prêter à confusion, tant le langage est truffé de traquenards sémantiques dont on ne se méfie/défie pas assez, le plus souvent.
Nous dirons que ce qui nous est propre ne peut nous être ôté sauf à porter atteinte à notre intégrité physique voire menacer notre (sur)vie. Un ordinateur, par exemple, ne fait pas partie, stricto sensu, de notre être pas plus qu’une voiture quels que soient les liens que nous ayons pu établir avec le temps. Pas de la même façon en tout cas que notre cerveau ou que nos jambes. Ce sont des évidences mais qu’il vaut mieux rappeler tant le bon sens n’est pas forcément la chose la mieux partagée (Descartes). Le langage non plus ne nous appartient pas à proprement parler, c’est quelque chose que nous empruntons et qui n’est pas produit par notre cerveau. En revanche, le langage- en fait une certaine langue parmi bien d’autres- peut nous aider à articuler notre pensée, du moins on peut le supposer. Du fait même que les langues sont  sur certains points interchangeables montre bien que ce sont là des épiphénomènes, des contingences par rapport à notre être.
Il y a l’éventualité de parasites,  le risque d’être obsédé, possédé, addicté, et donc aliéné, dans tous les sens du terme. Si l’astrologie existe – sous une forme ou sous une autre-  fait-elle pour autant partie de nous-mêmes ? Ne s’agirait-il pas d’une sorte de greffe ? Ce qui nous fait agir  de l’intérieur ne nous appartient pas forcément ipso facto. Ce serait trop simple.  Si l’on peut  s’en débarrasser, s’en délester, c’est le signe qu’il y a eu intrusion. Est-ce que nos pensées, nos rêves, nos envies nous appartiennent ?
 Dans le judaïsme (cf. notre ouvrage Le monde juif et l’astrologie, Milan, Ed Arché, 1985), on désigne l’astrologie comme un « culte étranger » (Avoda Zara) mais l’on pourrait aussi  la désigner comme un corps étranger.
Or, selon nos travaux, les humains reçoivent une certaine énergie selon un cycle qui est lié au cosmos. Que l’on nous entende bien : nous ne sommes pas en train de dire que le cosmos nous envoie de l’énergie mais qu’à la façon du chien de Pavlov, nous réagissons à certains signaux.(réflexes conditionnés). On peut dire que ces signaux nous mettent dans un état second, un peu comme quelqu’un qui aurait été mis sous hypnose et qui serait déclenché par certains messages.
Plus haut, nous disions que les hommes et les femmes ne réagissent pas de la même manière à leur environnement. Cela signifie, pour nous,  que les femmes ont tendance à s’approprier  des objets – au sens large- que les hommes ne considèrent pas comme partie d’eux-mêmes : elles y parviennent  par un processus d’identification, d’intégration, d’assimilation. Autrement dit, elles ont plus de mal à distinguer ce qui est intérieur et ce qui est extérieur, l’être et l’avoir. Elles créent des liens très forts et c’est, peut-on dire, leur mode de créativité, étant plus aptes à se transformer qu’à transformer le monde ; elles sont  leur propre objet. Elles peuvent ainsi intégrer toute représentation d’elles-mêmes qui leur est proposée et s’identifier par exemple à leur thème natal qu’elles finissent pas intérioriser, par s’approprier, quand bien serait-ce au départ un élément étranger puisque quelque part, elles ne se constituent que par un processus d’emprunt, ayant un contact très limité avec leur véritable intériorité au point d’ailleurs de considérer celle-ci comme une feuille blanche qui ne se remplit qu’en se branchant sur l’extérieur. D’où un rapport aisé avec toute forme de machine car il leur est plus facile d’apprendre à se servir d’un outil externe que de leur propre organisme. Même le fait de porter un enfant pendant 9 mois se fait malgré elle, d’où l’importance accordée à l’IVG (interruption volontaire de grossesse)
C’est dire que toute détérioration des objets environnants – ce qu’on appelle étrangement leur « intérieur » pour désigner leur lieu de vie - sera perçue comme une atteinte à leur personne. Contrairement à ce que disait Freud, en dépit du caractère interne de leur appareil génital, les femmes sont fondamentalement extraverties mais dans le but de meubler leur espace intérieur lequel est en quelque sorte vide.  Ce sentiment de vacuité et ce besoin de se remplir est la clef du psychisme féminin. C’est le syndrome de la béance.
Pour en revenir à l’astrologie, nous dirons qu’en phase de conjonction, au sens de l’astrologie conjonction elle, les femmes sont « remplies », « grosses », « porteuses » mais  peu à peu le sablier se vide – c’est une lente et progressive disjonction et alors elles tendent à se rapprocher des hommes qu’elles perçoivent comme  ayant un vrai contenu, une vraie source en eux-mêmes.
On comprend ainsi que l’astrologie tout au long de son Histoire aura été combattue, rejetée.  Ce n’est que depuis le XVIIIe siècle qu’elle a trouvé refuge dans le monde féminin qui est beaucoup moins prévenu à son égard et qui ne la perçoit pas comme une intruse dont le lien avec l’Humanité est artificiel. Il y a en effet fantasme quand l’on croit que  nous accédons à notre être par le biais de représentations externes. Il y a l’aveu d’un échec dans l’exploration de ses potentialités internes comme si l’intérieur de la femme était plongé dans la pénombre, ce qui donc l’obligeait, la contraignait, à aller chercher la lumière à l’extérieur. L’intérêt des femmes pour l’astrologie est déjà en soi un aveu dans ce sens. Il faut avoir un fort sentiment de vide intérieur pour  accorder quelque importance au thème natal.
Il ne s’agit nullement de nier la réalité de l’astrologie, on l’aura compris, mais de resituer celle-ci à sa juste place et surtout de ne pas accepter n’importe quelle forme d’astrologie. Les femmes seront attirées par des formes « hard » d’astrologie alors que les hommes se contenteront de forme « soft » - ce qui est le cas  des travaux de Gauquelin, de Barbault, de Nicola ou de nous-mêmes. A contrario, une astrologie karmique et une astrologie humaniste sont des formes- des drogues- plus « lourdes ». L’astrologie « soft »  non seulement est minimale – il suffit de comparer le thème très dépouillé  à la Gauquelin et le thème natal traditionnel mais en plus l’impact des astres est ponctuel dans l’astrologie masculine, d’où, pour nous, le distinguo entre conjonction et disjonction que l’on retrouve, peu ou prou, chez Barbault (indice de concentration planétaire).  Pour toutes sortes de raisons, force est de constater que certains hommes présentent les mêmes symptômes par rapport à leur demande d’astrologie que les femmes mais nous sommes là en face  de cas particuliers et atypiques.  Chez les astrologues hommes créatifs en matière d’astrologie, la tendance à alléger l’astrologie de toutes sortes de notions est la norme. En fait, les hommes se défendent mieux contre les intrusions et sont plus sélectifs. Les femmes sont, comme on dit, plus réceptives  ne serait-ce que parce qu’elles sont formées à accueillir en leur propre organisme un corps étranger, celui de leur enfant, qu’elles tendent d’ailleurs logiquement à s’approprier pour ne pas provoquer de réaction de rejet.
On aura compris que l’on ne peut selon nous appréhender le phénoméne astrologique et le savoir astrologique censé le décrire  qu’à la lumière  du dialectique animus/anima. Sur ce point, il y aura toujours un clivage ô combien révélateur et qui explique qu’il y ait à ce sujet un certain dialogue de sourds du fait même que les hommes et les femmes n’ont pas les mêmes besoins, que les hommes sont  introvertis, au sens où ils savent que leur force est en eux et non pas à l’extérieur d’eux-mêmes alors que les femmes se rendent compte très vite qu’elles doivent compenser une certaine obscurité intérieure par  un fort apport extérieur.  Quelque part, tout le processus technologique, astrologie comprise, favorise davantage les femmes que les hommes. Et quelque part les femmes n’ont rien à perdre du fait de l’emprise croissante de la machine.
 
 
 
 
 
JHB
17. 11. 12