Astrologie et pression sociale

 

Par  Jacques Halbronn

 

En 1967 (Les Astres et l’ Histoire), André Barbault avait lancé le « coefficient de concentration planétaire ». C’était un cocktail concocté à partir de 5 planétes (Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et Pluton) qui était censé nous indiquer les périodes de tension maximale pour l’Humanité. Près de cinquante ans plus tard, force est de constater que ce coefficient n’a pas été adopté au-delà de cercles astrologiques extrêmement restreints. Mais l’idée selon laquelle l’astrologie pourrait un jour produire un coefficient offrant un intérêt général reste selon nous tout à fait valable.

A deux conditions, toutefois : d’une part de redéfinir la composition astronomique du coefficient et d’autre part de repréciser sa signification et sa formulation.

 

I  Redéfinir la composition du coefficient

 

Selon nous,  un tel coefficient doit se présenter sous la forme d’une sinusoïde, avec une régularité et une égalité des récurrences si l’on admet qu’il y a un maximum et un minimum.

Or, cela ne peut s’obtenir avec 5 planétes « lentes » ayant chacune sa propre vitesse de révolution au sein du système solaire, de 12 ans à 248 ans.

Le principe du coefficient Barbault est de ne pas situer les planétes par rapport à autre chose qu’elles-mêmes. Le Zodiaque, ici, n’existe pas, il se réduit à l’écliptique. Aucun lieu du zodiaque ne se distingue d’un autre. Les planétes s’autoréférencent.

Pour nous, au contraire, une planète du septénaire est liée à une série d’étoiles fixes pour parvenir à une périodicité qui tourne toujours autour de sept années. On ne fait donc intervenir aucun astre inconnu de l’Antiquité, comme Uranus, Neptune et Pluton.

Le graphique de Barbault révèle une absence totale de récurrence régulière des configurations même s’il prétend correspondre aux Deux Guerres Mondiales. Il semble qu’il s’agisse là d’une simple coïncidence, d’un artefact qui ne vaut que dans le cas qui a servi à fonder le système.

 

II  Repréciser la formulation du coefficient

 

Par ailleurs,  l’on s’interroge sur la façon dont on entend se servir d’un  tel coefficient.  Il semble que Barbault vise les tensions internationales et mondiales.  Son livre s’intitule « Astres et Histoire », ce qui est déjà  en soi tout un programme. Cette alliance entre astrologie et Histoire nous semble en effet discutable tant pour l’une que pour l’autre.

Pour notre part, nous préconisons un rapprochement entre Astrologie et Sociologie, ce qui implique une certaine relativisation et une certaine décantation des « faits », des « événements », ce qui va d’ailleurs dans le sens de la « Nouvelle Histoire » d’un Marc Bloch ou d’un Fernand Braudel. L’enjeu de l’astrologie n’est pas d’appréhender le « mémorable » comme on disait au XVIe siècle, c'est-à-dire le sensationnel, qui frappe les esprits..Ce qui concerne l’astrologie est ce qui se situe à l’arrière plan et non pas nécessairement au premier plan.

On nous objectera que se pose alors un problème de lisibilité. On aurait donc un dilemme : soit du visible non signifiant, soit du signifiant non visible.

Nous introduirons  la notion de « pression sociale » et donc de coefficient permettant de la mesurer. Est-ce si difficile que cela ? Tout s’apprend. Il faut développer l’œil du sociologue.

Quand la pression sociale est forte, on a affaire à des regroupements, à des convergences. Ce qui se manifeste par la formation de blocs aussi larges que possible, par des fusions, par des unions.

Inversement, quand la pression sociale est faible, on assiste à un certain démembrement de ce qui a été constitué en période forte pression sociale. Peu importe si cette désunion se fait dans un bain de sang ou  par la voie diplomatique et de même pour tout  rassemblement. Ces différences de style sont, somme toute, anecdotiques : ce qui nous importe ici, c’est le résultat.

Barbault aura d’ailleurs été au moins à deux reprises confronté à  une telle problématique : Cuba en 1962 et Berlin en 1989. Dans les deux cas, la tension internationale n’aura pas débouché sur un affrontement militaire. En d’autres temps, cela n’aurait probablement pas été le cas. L’assassinat de l’Archiduc d’Autriche en 1914 avec un coefficient de pression sociale très élevé a eu de toutes autres conséquences.  L’empire austro-hongrois  s’est dans l’immédiat renforcé. Or, cette structure extrêmement diverse ne tient qu’en période de coefficient élevé de la pression sociale. Au vrai, les événements de 1989 concernent une sorte d’Empire austro-hongrois bis qui s’est constitué, des suites de  la seconde guerre mondiale sous la coupe russo-soviétique, incluant notamment la  Bohème (Tchécoslovaquie), la Hongrie et une partie du monde allemand.

C’est le renforcement ou l’affaiblissement des empires et des unions qui est lié au coefficient de pression sociale que nous avons constitué.

Actuellement, ce coefficient se rapproche de ses minima comme en 1989-91 qui correspondirent à la fin de l’URSS mais non de la Russie.Il faut donc s’attendre pour les années 2013-2014  à des menaces pour tour processus « impérial », « unitaire », ce qui peut passer par des partitions, des secessions, des retraits, des désengagements, que cela passe ou non par des scénes de violence, de guerre car il n’y a aucune fatalité astrologique à cela.

Il faut aussi comprendre que ces processus sont réversibles et qu’il peut se révéler extrêmement précieux pour des dirigeants de connaitre un tel coefficient et de tenir compte de son évolution programmée à l’avance, tout dépendant évidemment du but poursuivi.

Petites causes, grands effets. Ce qui importe, c’est que l’astrologie occupe ainsi une position stratégique non pas en expliquant tout ce qui se passe ni en prévoyant tous les assassinats de leaders ou toutes les guerres, aux quatre coins du monde.

Ce faisant, la sociologie-qui ne s’éloigne jamais tant que cela de la philosophie-  y gagnera en tant que science et par voie de conséquence la science historique dans ses expressions les plus viables.

 

Le roman Dune de Frank Herbert tourne autour d’une planète qui fournit une certaine épice. De même une science peut produire un certain type d’information particulièrement précieuse parce que recherchée sans se prétendre être une panacée susceptible de répondre à tous les besoins, indifféremment.

En ce sens, nous prônons un repli stratégique de l’astrologie qui la rendra inexpugnable, autour du CAPS, le « Coefficient Astrologique de Pression Sociale ».

 

Nous avons déjà signalé dans de précédentes études qu’il convenait de qualifier un événement, ne pas le laisser à l’état brut, le « laver », le dégager de certaines impuretés qui pourraient fausser l’analyse.  En période de pression sociale forte, le groupe se veut unitaire mais cela peut impliquer pour cela un rejet de ce qui n’est pas assimilable. On pense à la Révocation de l’Edit de Nantes en 1685. On ne   confondra pas cette situation avec un ensemble qui reconnait sa diversité intérieure et renonce à atteindre à l’unicité. En période de faible pression sociale, la tolérance est de rigueur même si elle est vécue comme un compromis.  Comme on l’a dit : la période actuelle correspond à un tel passage : la rigidité n’est pas conseillée, notamment en ce qui concerne  certains pourcentages de croissance : il faut mettre de l’eau dans son vin. En revanche, par la suite, lorsque le coefficient sera remonté, à partir de 2015, il risque fort d’y avoir des exclusions à l’encontre de ceux qui n’ont pas le bon profil. C’est  dire que la conjonction n’est pas de tout repos en ce qu’elle est très contraignante et ne supporte pas les « écarts ». Inversement, ce qu’on peut appeler « disjonction »  peut tout à fait correspondre à un certain relâchement de la tension, soit un temps de cohabitation qui reflète  un certain manque de passion.

Ceux qui cultivent leur différence tout en restant minoritaires  sont donc menacés par la « conjonction », c'est-à-dire le maximum de pression sociale ; c’est ce qui a donné en 1942  la Shoah, quand Saturne est passé sur l’étoile fixe du Taureau, Appelée Aldébaran (à 8° des Gémeaux en tropique). Ce qui en phase de faible pression est en germe peut tout à fait se radicaliser quand la pression remonte. On pense au dossier iranien mais aussi au dossier israélien.

 

 

JHB

26. 12.12