De: Jacques Halbronn [teleprovidence@yahoo.fr]
Envoyé: vendredi 30 novembre 2012 01:58
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Objet: nouvelle version de l'article
 
La philosophie politique de l’Astrologie conjonctionnelle.
Par  Jacques Halbronn
 

La période actuelle est caractérisée par l’épuisement de la « charge » énergétique de la conjonction de Saturne avec Regulus qui date de 2008. Cela signifie que les systèmes que nous appelons externes connaissent des dysfonctionnements à commencer par le recours aux primaires pour dégager  le meilleur leader pour l’UMP (Union pour la majorité présidentielle) et d’ailleurs la protestation de François Fillon face au résultat des élections est tout à fait intéressante. Elle exprime une défiance par rapport à un mode d’élection- au sens de choix et non de scrutin- qui ne semble plus « inspiré ». Il n suffit pas que quelques centaines de milliers de gens se rendent aux urnes pour  garantir le « bon choix ». La décision de créer un groupe séparé à l’Assemblée Nationale  veut être la preuve d’un décalage entre le vote et la réalité des forces humains en présence, J. F.  Copé apparaissant comme un homme de l’appareil (apparatchik en russe), avec tout ce que mot recèle de mécanique et d’aveugle. Comment un Premier Ministre sortant peut-il être perdant face à sa propre famille politique ? Il y a là comme une sorte de scandale, de monstruosité : le système nie la réalité humaine, ne sait pas choisir pertinemment entre des personnes. A quoi servirait d’élire quelqu’un de façon artificielle et décalée ? D’ailleurs, on reconnait que le vote des militants ne coïncide pas avec celui des adhérents, ce qui a faussé les sondages favorables à Fillon. Tous les votes ne se valent pas. Chez les socialistes, le problème ne s’est pas posé de la même manière et d’abord parce que leurs primaires ont eu lieu plus tôt, alors que l’épuisement de la charge conjonctionnlle n’était pas encore aussi avancé. On croit encore, alors, il y a six mois de cela,  aux bienfaits de l’appel au vote de la base.

Sarkozy en se retirant a crée un vide, un appel d’air, au mauvais moment comme si miraculeusement le vote allait idéalement donner la solution. Est-ce que lorsqu’un président choisit un Premier Ministre, il le fait en demandant leur avis à sa base ? Fut-ce le cas pour le choix de Raymond Barre ou d’Alain Juppé, de Laurent Fabius ou  de  Rocard ? Il eut été plus simple que Sarkozy désignât le Président de l’UMP en demandant que son choix fût entériné. Il y a là comme une forme de sabotage. Et pourquoi le faire après la défaite ? A priori, il comptait probablement prendre lui-même la suite et aura changé d’avis in extremis.

La phase conjonctionnelle  joue sur le plan externe, elle appartient à une logique qui s’apparente un peu à une loterie dont on ne connait le résultat qu’au dernier moment. Il y a là quelque chose d’irresponsable, d’irrationnel, qui obéit à une logique particulière qu’il convient de chercher à expliciter, qui est celle d’un impératif de fonctionnement. C'est-à-dire que ce qui compte ce n’est pas que le système  soit valable mais qu’il fonctionne, qu’il marche. Dans le langage courant, ces verbes ont pris une connotation  positive impliquant que le résultat soit valable. En réalité, par un processus de restriction mentale, il suffit que cela existe, que cela produise quelque chose. Quoi ? Peu importe du moment qu’on y a mis les formes ! Obligation de moyens, non de résultats. Quand un astrologue déclare que « son » astrologie « marche », cela ne veut pas dire autre chose que cela permet un échange, cela permet de dire sinon de prédire. Il se passe quelque chose, l’information circule. Il y a de l’animation. Ni plus ni moins !

On ne peut plus penser l’astrologie sans disposer d’une certaine philosophie. C’est ce que réalisa, à sa façon, Jean-Pierre Nicola avec le RET (représentation, existence, transcendance). André Barbault, plus méfiant, s’en tint à un langage plus primaire, plus manichéen : »important », « grave », qui ne veut pas dire grand-chose, même les planétes ne sont plus dans Les Astres et l’Histoire (1967) que des pions qui ne font plus  sens que par leur rassemblement- quantitativement- mais non individuellement..

La prévision astrologique ne doit pas seulement s’appuyer sur une chronologie mais sur une dialectique et Barbault n’avait pas de référence dialectique. Le marxisme quand il traite de la Lutte des Classes aurait pu faire l’affaire. Ce qui est clair, c’est qu’il faut une théorie du pouvoir pour faire de l’astrologie mondiale avec profit, il faut lire  les penseurs politiques tels que  Thomas Hobbes, J. J.  Rousseau, K.  Marx, Gustave Lebon etc. On ne peut guère en faire l’économie.

La phase conjonctionnelle est favorable au peuple, à la masse, à la foule. A partir du moment où la « charge » décline,  le peuple ne fonctionne plus, se disqualifie et ouvre le champ au recours à l’homme providentiel qui est un monde à lui tout seul qui doit prendre le relais jusqu’à la prochaine conjonction saturno-stellaire..

Dès 1980, il y a donc plus de 30 ans, nous écrivions :

« En phase  active de Saturne, le peuple est plus actif, il se réveille ; en phase passive, il est plus « passif », c’’est à dire qu’il se désintéresse plus ou moins des  affaires communautaires, de la chose publique »[1]

La théorie sous-jacente à notre propos est la suivante : la société est la projection de notre cerveau sur le monde. On y trouve une complexité comparable si l’on admet que le « corps social » fonctionne comme un tout, ce qui permet de dire, en recourant  au singulier,  que le peuple français a « choisi », a  « voulu », a « décidé ». Les membres de cet ensemble n’existent que collectivement. (cf l’analyse du phénoméne de la foule chez Garfinkel). Quand le peuple vote, nous-dit-on,  il « pense », il réfléchit, en pesant le pour et le contre, du moins c’est ce que l’on veut (faire) croire et c’est là le socle des démocraties. On notera que ce principe démocratique est contemporaine de la révolution industrielle : il se veut une sorte de mécanique, qui donne des chiffres, des pourcentages. Est-ce vraiment  là l’expression d’un idéal « humaniste », qui place l’Homme au centre ou bien d’une technologie dont l’homme serait l’apprenti sorcier faustien ? On songe à ce qui s est passé sous la Révolution avec le régime de la « Convention », c'est-à-dire d’une Assemblée souveraine. On voit actuellement comment l’ONU ne parvient pas à s’entendre pour intervenir  en Syrie..

Selon nous, l’idée même de « société » reléve du progrès technologique tout comme d’ailleurs l’Astrologie en tant que telle qui n’a rien de « naturel », pas plus qu’une sculpture de marbre n’est « naturelle » en dépit du matériau dont elle est constituée.

La conjonction, dans notre Astrologie,  est comparable à une sorte de « recharge » électrique, de « branchement », qui permet une certaine convergence des esprits, qui confère une certaine forme de raison à la masse à la façon d’un cerveau  humain avec ses neurones.  Quand la charge s’épuise, le système est de moins en moins performant et a des ratés. Et il faut alors en revenir au statu quo ante, avant que cette belle mécanique n’ait été mise en place. On entre ainsi en régression technique comme lorsqu’il faut prendre l’escalier quand l’ascenseur est en panne. Notre humanité est restée- pour combien de temps encore ? -  capable de  cette alternative.
On en revient alors à la source, à la matrice, c'est-à-dire au cerveau, organe anatomique et non plus construction biotechnologique comme l’est l’Etat, la Société. Comme aurait déclaré  le jeune Louis XIV, âgé de seize ans en 1655,  « L’Etat c’est moi ». Un homme seul peut-il être comparable à un Etat ? Oui, si l’Etat a bien été crée à l’ »image »(tselem, en hébreu)  d’un cerveau humain.(pour paraphraser le Livre de la Genèse). Le « chef » (c'est-à-dire la tête, caput, raïs en arabe), est celui dont émane le peuple en tant que « système », ce qu’il devient par le vote ou par toute forme de rassemblement de masse. En phase conjonction elle, le processus est inversé et c’est le chef qui est l’expression, la délégation du peuple. Le processus astrologique est donc marqué et rythmé par un tel renversement se produisant en cours de route d’une conjonction à l’autre.
D’un point de vue scientifique, il semble bien, à l’échelle de l’évolution des espèces, en effet, que le cerveau soit plus ancien que les formes sociales qui en dériveraient et qui ont quelque chose d’artificiel qui ne tient que par l’opération du Saint Esprit, si l’on peut dire. La démocratie est une religion, un culte établi par un Jean-Jacques Rousseau.
Selon nous,  on retrouve cette dualité que nous décrivons dans le mot « profane » par opposition à « sacré ». Le profane, c’est celui qui reste devant (pro)  la porte du temple (fanum, lieu consacré, en latin). Profaner, c’est confondre ce qui est intérieur et ce qui est extérieur. Ce qui est intérieur est beaucoup plus mystérieux que ce qui est extérieur, ce qui se passe dans un cerveau par rapport à ce qui se passe dans une société. Tout le monde, apparemment, n’a pas accès à cette « cité interdite », n’a pas la clef qui permet d’exploiter pleinement son cerveau et c’est pour cela que fut crée l’Etat pour ne pas dépendre des potentialités de tel ou tel. Et l’Astrologie est un élément constitutif, selon nous de l’Etat mais aussi elle nous en signale les failles en en décrivant le fonctionnement.
En période de « décharge » énergétique, les sociétés sont contraintes,  volens nolens, d’en revenir à un stade antérieur et donc à recruter des « cerveaux », durant le temps nécessaire, généralement pas plus de deux-trois ans, plusieurs facteurs entrant en jeu d’ordre sociologique, historique etc. dont on ne traitera pas ici. On est dans une période « résiduelle » par rapport à la conjonction. La faculté d’une société à changer son fusil d’épaule et à en revenir  à la solution de l’homme providentiel (littéralement « prévu ») fera la différence d’un pays à l’autre : question de culture, de tradition qui peut rendre possible un coup d’Etat ou une révolution de palais.
Pour en revenir au cas de l’UMP, nous ne voyons rien d’étrange à ce qui se passe.  Il est assez normal qu’il  y ait une « guerre » des chefs et qu’elle ne se limite pas à une seule « bataille ». Copé a gagné la première manche mais il y en aura d’autres. A chacun de faire preuve de ses facultés de stratège sur le terrain où tous les coups sont permis. En tout état de cause, les règles du jeu ont changé.
 
 
 
JHB
28. 11. 12
 
 


[1]  In Le Grand  Livre des  Prédictions. L’avenir de notre planéte, Paris, Ed. Balland,  1981,   pp. 180-181