L’astrologie comme Surmoi social

 

par  Jacques Halbronn

 

Il  y a une douzaine d’année, nous avions publié dans la Lettre de l’Astrologue (décembre 2001), un  article intitulé « L’astrologue, gardien du  Surmoi ».  Ici, c’est carrément l’astrologie qui nous apparait comme traitant avant toute chose du Surmoi étant entendu que cette instance est par définition de l’ordre du collectif. Parler d’un Surmoi individuel est une contradiction dans les termes.

Selon nous, au stade de réflexion et de recherche où nous en sommes, le système astrologique relèverait de la loi au sens religieux du terme, telle celle révélée par Moïse (Torah). Mais cette Loi est liée au « Ciel »- on sait que ce mot a plusieurs connotations. -Cela n’implique pas ipso facto  que l’astrologie soit concernée par tout ce qui se passe dans le ciel ni même dans le « système solaire » comme semble le croire une majorité d’astrologues à commencer par les praticiens du thème astral  fourre tout/trou noir. Bien au contraire, seul le ciel « utile » compte ici, se limitant à un certain  signal  identifiable par tous, en toute saison et depuis des millénaires. Une astrologie donc très minimale que celle que nous prônons mais  vouée à jouer néanmoins un rôle crucial, d’autant qu’elle s’articule sur une structure quaternaire. (croix =4)/ ce n’est pas rien en effet que l’astrologie nous renseigne sur le cycle du Surmoi, ce qui n’est pas sans prise sur le cours du monde sinon de l’Histoire..

La conjonction de Saturne avec l’une des quatre étoiles du quadrilatère stellaire détermine une relance, une renaissance du processus surmoïque, c'est-à-dire la conformité, autant que faire se peut, à une seule et même dynamique, ce qui s’apparente au  mythe de la Tour de  Babel dans sa phase de construction.

A ce moment là,  le « peuple », le « public », les gens (en anglais « people ») trouve normal qu’il n’y ait  qu’un parti « unique ». C’est la devise , nazie « Ein Volk, ein Reich, ein Führer) tout comme  l’on  trouvera « naturel » qu’il y ait, à d’autres moments une alternative, une « opposition », ce qui correspondra à une « dissolution » du dit signal, le terme s’entendant dans un sens pavlovien. En fait, c’est alors un « non signal », non plus une conjonction  mais ce que l’on peut appeler une « disjonction ». L’obligation de s’unir n’est plus à l’ordre du  jour, la pression unitaire n’est plus ce qu’elle était, faute de signal adéquat. Quand le chat n’est pas là les souris dansent. C’est la phase 2 de la Tour de Babel, celle de la diversification.

Un  des problèmes  de la recherche astrologique, c’est qu’elle dépend à l’excès de la culture  populaire du fait de son rejet de la part du monde scientifique. Et dans le domaine socio-historique, que de lacunes dans la mémoire collective ! On dit que l’Histoire n’est pas écrit par les vaincus, les minorités. Gare aux simplifications !

Entendons par là que les gens ne culpabilisent plus forcément en cas de désaccord, faute d’un Surmoi assez puissant. On notera que la théorie des aspects prévoit une telle dualité avec ses aspects « harmonieux » alternant avec ceux qui sont réputés « dissonants » En fait, selon nous, le « bon «  aspect est la conjonction et le « mauvais » la disjonction, ce qui englobe tous les écarts angulaires, comme le prônait, il y 46 ans, André  Barbault (Les astres et l’Histoire, 1967) avec son « indice ». Le problème,  c’est  que ce « indice » était élaboré par synthèse d’un « bouquet » de 5 planétes (de Jupiter à Pluton), ce qui faisait .un peu  désordre et sans cyclicité régulière à court terme. Neuf ans plus tard, nous publiâmes Clefs pour l’Astrologie, qui esquisse ce que nous développons ici. (Astrologie des « carrés »), la structure ne découlant pas des rapports entre  planétes mais du rapport d’une planète avec une structure externe. (Au départ, les axes équinoxiaux et solsticiaux, le Soleil, pour un cycle court  et par la suite, les étoiles fixes royales).

Prenons le cas de l’Union  Européenne. Les journaux  notent que le « couple »  franco-allemand n’est plus ce qu’il était, que l’on ne fait plus l’effort de maintenir une certaine façade.  Traduisons que la pression unitaire  n’est pas à son maximum. Le Surmoi  décline. Saturne s’est éloigné des angles du quadrilatère stellaire et on est passé du 4 au 8, d’un quadrilatère  conjonctionnel à un quadrilatère disjonctionnel, en contrepoint, les deux carrés étant en gros décalés de 45°(soit 360/8)..On lit aussi que l’Allemagne s’est déchargée sur la Banque Centrale Européenne (BCE) de Mario Dragbi de certaines corvées.(cf Courrier International de la semaine). A une plus petite échelle, on  a vu que les membres de l’UMP ne se sont pas contraints à s’unir à tout prix et que cela a conduit  à une forme de dyarchie  Coppé/Fillon qui est le symptôme d’un même processus,  simultanément.

Rien ne permet mieux de faire apparaitre le Surmoi Astrologique que lorsqu’il ne coïncide pas avec le Surmoi constitutionnel, qu’il suscite, tant par sa présence que par son absence, des comportements sociaux décalés par rapport à ce la « Loi » du Droit voudraient. On a là trois idées de la Loi : celle du Droit, celle de la Science et celle du « Ciel » qui est celle de l’Astrologie « conjonctionnelle ». La « loi » céleste fait souvent des « pieds de nez » à la loi « juridique » de nos « Républiques ». C’est quand le pouvoir semble avoir le monopole qu’il est  intéressant de discerner l’émergence de contre pouvoirs. En mai1968, il  y eut les  « Accords de Grenelle ». La phase de déclin surmoïque exige qu’il y ait un interlocuteur, quitte à le susciter. On peut penser que le débat actuel (sur le mariage) n’était pas urgent mais il répond  à un besoin de bipolarisation. Le Surmoi astrologique inclut ainsi des paramètres qui échappent à la « Constitution », laquelle varie d’un pays à l’autre alors qu’il est, pour sa part, unique. On sait que l’histoire du monde ne saurait se réduire à l’ère des constitutions qui ne débute qu’à la fin du XVIIIe siècle. Avec notre Astrologie, nous couvrons un champ beaucoup plus vaste.

 

 

 

 

 

JHB

12. 01.13