Astrologie  et  fin du monde

Par Jacques Halbronn

 

On nous dit que la perspective d’une fin du monde n’est devenue « réalité » que depuis Hiroshima (1945) Mais cela fait des siècles que l’idée de fin du monde agite les esprits. Comment expliquer un tel décalage diachronique ?  Ce qui compte en fait, ce sont les signes avant coureurs de la fin du monde et voilà bien longtemps que les humains vivent dans la hantise eschatologique d’un temps écoulé.  Il n’est que de lire les auteurs du XVIe siècle pour s’en persuader, y compris  Nostradamus.

On nous objectera que ces peurs étaient infondées, irrationnelles alors qu’à présent elles sont étayées par l’arsenal nucléaire dont disposent nos armées sans Parler des catastrophes écologiques qui sont censées nous menacer.

Mais pour  nos ancêtres, la présence d’une éclipse, d’une  Comète, d’une conjonction de Jupiter et de Saturne étaient des causes tout à fait plausibles. On ne peut donc dire que la la peur d’une fin du monde – on pense à celle de l’An Mille- n’est donc pas nouvelle, même si l’on ne croit plus beaucoup à l’ire de Dieu.

Bien au contraire, le fait de savoir que cette fin du monde dépend des hommes serait plutôt rassurant.  Cela ne tient plus plus à la décision de quelque force surnaturelle. En ce sens, le sentiment d’une épée de Damoclès  sur nos têtes  est plutôt moins manifeste de nos jours serait plutôt moins flagrant de nos jours qu’elle ne le fut  au cours des siècles passés.

Il faut se méfier de l’Histoire car elle a partie liée avec cette idée de fin du monde. On trouve très souvent à l’appui de tel telles prophéties des chronologies  dont les données sont condamnées à s’appuyer sur des sources douteuses, à commencer par celles dues aux (Saintes) Ecritures.  S’efforcer de baliser l’Histoire, c’est risquer de basculer dans une psychose de fin du monde. On ne joue pas impunément avec le Temps. Or, que font ces astrologues qui interprètent la découverte d’une nouvelle planète comme le signe d’une nouvelle étape pour l’Humanité sans parler de ces théories précessionnelles ou encore millénaristes ? Que dire de ces astrologues maniant les planétes lentes et en concluant à la rareté de telle configuration avec leur astrologie surdimensionnée surdimensionnée comptant par siècles ?  L’astrologue devrait bien plutôt s’en tenir à la sapience du Livre de l’Ecclésiaste et considérer qu’il n’y  a rien de nouveau sous le Soleil. L’astrologie a besoin de garde fous fou ; en ce sens, elle a intérêt à se protéger des tentations du long terme en ne recourant pas à des périodes de plus de quelques années : de sept ans en sept ans, voire de trois ans et demi en trois ans et demi car il est clair qu’à partir du moment où  un phénoméne se reproduit à intervalles brefs et réguliers, on ne risque plus trop d’être tentés de délirer sur la fin du monde ou même d’un monde.

Les astrologues doivent raison garder et éviter deux errements : celui de l’infiniment petit (l’individuel) et de l’infiniment grand  (l’historique). Or, les astrologues se complaisent allégrement dans l’une et/ou l’autre de pareilles dérives précisément parce que l’astrologie a perdu ses repères et n’a d’autre issue que de se servir de ceux existant par ailleurs. En ce sens, nous pensons

que l’Astrologie est un dépassement de l’approche

tant psychologique qu’historique du monde pour être

avant tout une approche sociologique.. Le XXIe siècle sera

celui de la Sociologie et d’une nouvelle Astrologie 

fournissant  à notre civilisation une cyclicité brève qui lui fait défaut sans

éviter, lui épargner  d’avoir à basculer dans les méandres quantiques de

l’Histoire, science bâtarde et de la psychologie, science empirique,..De plus en plus, l’Histoire aura pour objet de montrer que rien ne change fondamentalement et que tout changement est structurel et récurrent tout comme le jour et la nuit, l’Eté et l’Hiver. Ce sont les civilisations précolombiennes qui s’étaient persuadées que si l’on ne sacrifiait pas des victimes, le soleil ne se lèverait plus.  L’idée de fin est en effet liée à l’idée de linéarité, d’un processus qui n’est plus en mesure de se renouveler, de recommencer. Dès lors que l’on ne sait pas quelle est la durée d’une phase, l’on peut s’imaginer qu’elle n’aura pas de fin. La fin de quelque chose, c’est quand on en ignore la fin. Savoir quand quelque chose va se terminer – la f la fin de la fin- c’est  échapper ipso facto à cette illusion d’une fin interminable, d’un temps suspendu. Quelque part, le le supplice de Prométhée était de ne pas connaitre de fin, puisque son foie ne cessait de se reformer. Annoncer la fin du du monde, c’est ne plus avoir à attendre indéfiniment. C’est prendre les devants, c’est une forme de fantasme suicidaire.

 

JHB

16. 12.12